Georges Brassens
LE CANZONI DI GEORGES BRASSENS NEI NEWSGROUP ITALIANI - Songs by Georges Brassens in the Italian newsgroups - Chansons de Georges Brassens dans les forums italiens

Nei newsgroup it.fan.musica.de-andre e it.fan.musica.guccini si parla
spesso della canzone francese e, soprattutto, di Georges Brassens.
Particolarmente in IFMDA, Brassens è stato oggetto di un'intensa
"postatura" consistente specialmente nella presentazione di testi
e nella traduzione (grazie soprattutto ai due amici "brassensiani" 
per eccellenza di IFMDA, Alex e Joëlle Iannicelli).
Presento qui tutti i testi delle canzoni di Brassens e le traduzioni
eseguite nei due newsgroup dal 1999 fino ad oggi.

NOTA: Le traduzioni contrassegnate con [RV] sono mie, quelle
con [A] di Alex.

R.V.

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LES COPAINS D'ABORD

Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau,
Qu'on se le dis'au fond des ports,
Dis'au fond des ports,
Il naviguait en pèr'peinard,
Sur la grand-mare des canards,
Et s'app'lait Les Copains d'abord,
Les Copains d'abord.

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la littératur',
N'en déplaise aux jeteurs de sorts,
Aux jeteurs de sorts,
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds,
Mais des amis franco de port,
Des copains d'abord.

C'étaient pas des amis de lux',
Des petits d'Castor et Pollux,
Des gens de Sodome et Gomorrh',
Sodome et Gomorrh',
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et la Boéti',
Sur le ventre ils se tapaient fort,
Les copains d'abord.

C'étaient pas des anges non plus,
L'Evangile, ils l'avaient pas lu,
Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors,
Toutes voil's dehors,
Jean, Pierre, Paul, et compagnie,
C'était leur seule litanie,
Leur Credo, leur Confiteor,
Aux copains d'abord.

Au moindre coup de Trafalgar,
C'est l'amitié qui prenait l'quart,
C'est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord,
Et quand ils étaient en détress',
Qu'leur bras lançaient des S.O.S,
On aurait dit des sémaphores,
Les copains d'abord.

Au rendez-vous des bons copains
Y'avait pas souvent de lapins,
Quand l'un d'entre eux manquait à bord,
C'est qu'il était mort.
Oui, mais jamais, au grand jamais,
Son trou dans l'eau n'se refermait,
Cent ans après, coquin de sort !
Il manquait encor.

Des bateaux, j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui'ait tenu le coup,
Qui n'ait jamais viré de bord,
Mais viré de bord,
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait Les Copains d'abord,
Les Copains d'abord.

GLI AMICI PRIMA DI TUTTO
[RV]

No, non era la "Zattera 
Della Medusa" [*], quel battello,
Lo si dica in  fondo ai porti,
In fondo ai porti.
Navigava lemme lemme
Sulla Grand-Mare des Canards [**]
E si chiamava: "Gli amici prima di tutto",
"Gli amici prima di tutto".

I suoi "Fluctuat, nec mergitur" [***]
Non erano letteratura,
E jettatori e portasfiga
Se ne facciano una ragione.
Il capitano e i marinai
Non eran figli di puttana,
Ma degli amici autentici,
Degli amici prima di tutto.

Non eran degli amici di lusso,
Dei piccoli Castore e Polluce
O gente di Sodoma e Gomorra,
Sodoma e Gomorra.
Non erano amici scelti
Da Montaigne e La Boétie [****],
Si davan pacche sulla pancia,
Amici prima di tutto.

Non eran neppure angeli,
Non avevano letto il Vangelo
Ma si amavano a vele spiegate,
A vele spiegate.
Jean, Pierre, Paul e compagnia,
Questa la sola litania,
Il Credo, il Confiteor
Di amici prima di tutto.

Al minimo disastro improvviso
L'amicizia tornava in servizio:
Mostrava loro la stella polare,
La stella polare;
E quand'erano in pericolo,
Quando lanciavano l' S.O.S.
Sembravan dei radiofari,
Amici prima di tutto.

Quando ci si trovava tra buoni amici
Quasi mai nessuno si tirava indietro:
Quando uno di loro mancava a bordo,
Voleva dire che era morto.
Sì, ma mai, mai e poi mai
Si riempiva il suo vuoto:
Cent'anni dopo, destino infame,
Ci mancava ancora.

Di battelli ne ho presi tanti,
Ma il solo che abbia tenuto duro,
Che non abbia mai virato di bordo,
Mai virato di bordo
Navigava lemme lemme
Sulla Grand-Mare des Canards
E si chiamava: "Gli amici prima di tutto",
"Gli amici prima di tutto".

[*] Celebre dipinto di Géricault.
[**] La "Grand-Mare des Canards" ("Grande Stagno delle Anatre") è una
vasta palude che si trova esattamente alle spalle della sterminata
Spiaggia della Corniche, a Sète (quella della "Supplique"). Questo
particolare non è mai stato fatto rilevare dai traduttori italiani di
Brassens, in primis da Mario Mascioli.
[***] Il motto latino "Fluctuat nec mergitur" ("Galleggia e non
affonda") si trova nello stemma della città di Parigi.
[****] Figure di amici idealizzati. Montaigne aveva comunque
effettivamente una grande amicizia verso La Boétie, al di là del modo
quasi "sovrannaturale" con cui ne parla nelle sue opere.

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HÉCATOMBE

Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C'est un usag' bien établi
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j'bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'exitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"

Frénétiqu' l'un' d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie!"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas

ECATOMBE
[RV]

Al mercato di Roccacannuccia, [*]
Per due o tre mazzi di cipolle
Qualche dozzina di massaiotte
Un dì stavan facendo a botte.
A piedi, in cavallo, in vettura,
I gendarmi, che bella idea!
Vennero a tentar l'avventura
Di far finire quel bordello.

Or, sott'ogni cielo, senza vergogna,
E' un uso di cui s'è perso il ricordo,
Quando c'è da darle agli sbirri
Tutti quanti si metton d'accordo.
Quelle furie, senza più ritegno
S'avventarono sui piedipiatti
E dieder luogo, ve lo assicuro
A uno spettacolino degno.

Vedendo que' poveri poliziotti
Lì lì per gettar la spugna,
Me la godevo, perché li adoro
Sotto forma di cadaveri.
Dalla mansarda dove abito
Incitavo le braccia indòmite
Delle megere gendarmicide
E gridavo: Hip, hip, hip, urrà!

Frenetica, una di quelle attacca
Il vecchio sergente a cavallo
E gli fa gridare: Morte agli sbirri!
Morte alle leggi! Viva l'anarchia!
Un'altra infila con durezza
La coccia d'uno di quegli stronzi
Tra le sue mele gigantesche
Che stringe come una morsa.

La più grasse di queste femmine,
Aprendo il suo corpetto dilatato
Manganella a colpi di tette
Quelli che le passano a tiro.
E cadono, cadono, cadono
E, stando al parere di chi se ne intende,
Sembra che questa ecatombe
Sia stata la più bella d'ogni tempo.

Alla fine, visto che le vittime
S'eran beccate il giusto di botte,
Quelle furie, come ultimo oltraggio,
Ritornando alle loro cipolle,
Quelle furie -ed oso appena
Dirlo, talmente è volgare-
Gli avrebber pure tagliato le palle,
Per fortuna non ce le avevano!

[*] Brive-la-Gaillarde, pur essendo un luogo realmente esistente,
corrisponde nell'uso ad un paese indefinito, come appunto il nostro
"Roccacannuccia" (o, in Toscana, "Monculi sopra Empoli").

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LE VINGT-DEUX SEPTEMBRE

Un vingt-e-deux septembre au diable vous partîtes
Et, depuis, chaque année, à la date susdite
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre
Plus une seule larme à me mettre aux paupières
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous

On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous
Le complexe d'Icare à présent m'abandonne
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous

Pieusement noué d'un bout de vos dentelles
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe
Les regrets éternels à présent me dépassent
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous

Et c'est triste de n'être plus triste sans vous.

IL VENTIDUE SETTEMBRE
[RV]

Un ventidue settembre, al diavolo! Siete partita
E, da allora, ogni anno, proprio a quella data
Bagnavo il fazzoletto al vostro ricordo...
Ora, eccoci ancora; ma io resto di pietra,
Neanche una lacrima da mettermi alle palpebre.
Del ventidue settembre, oggi, me ne sbatto.

Non si vedrà più, al tempo delle foglie morte
Quell'anima in pena che mi somiglia e che porta
Il lutto per ogni foglia, al vostro ricordo...
Che il bravo Prévert e le sue lumache
Facciano a meno di me per sotterrarle.
Del ventidue settembre, oggi, me ne sbatto.

Un tempo, aprendo le braccia come fossero ali
Salivo fino in cielo per seguire la rondine
E mi rompevo il collo, al vostro ricordo...
Il complesso d'Icaro, oggi, mi sta lasciando,
La rondine che parte non farà più l'autunno.
Del ventidue settembre, oggi, me ne sbatto.

Legato devotamente a un lembo dei vostri pizzi
Tenevo sulla finestra un mazzo di sempreverdi
Innaffiandoli di lacrime, al vostro ricordo...
Ora li offrirò al primo morto che passa,
I rimpianti eterni, oggi, non sono più per me.
Del ventidue settembre, oggi, me ne sbatto.

Ormai il brandello di cuore che mi rimane
Non passerà più per il tragico equinozio,
Dando di fuori, al vostro ricordo...
Ha finito la fiamma, le sue ceneri si spengono,
A malapena ci si potrebbe arrostire due castagne.
Del ventidue settembre, oggi, me ne sbatto.

Ed è triste non esser più triste senza di voi.

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LE VIEUX LÉON

Y'a tout à l'heure
Quinze ans d'malheur
Mon vieux Léon
Que tu es parti
Au paradis
D'l'accordéon
Parti bon train
Voir si l'bastrin-
gue et la java
Avaient gardé
Droit de cité
Chez Jéhovah
Quinze ans bientôt
Qu'musique au dos
Tu t'en allais
Mener le bal
A l'amicale
Des feux follets
En cet asile
Par saint' Cécile
Pardonne-nous
De n'avoir pas
Su faire cas
De ton biniou

C'est une erreur
Mais les joueurs
D'accordéon
Au grand jamais
On ne les met
Au Panthéon
Mon vieux, tu as dû
T'contener du
Champ de navets
Sans grandes pom-
pes et sans pompons
Et sans ave
Mais les copains
Suivaient l'sapin
Le coeur serré
En rigolant
Pour fair' semblant
De n'pas pleurer
Et dans nos coeurs
Pauvre joueur
D'accordéon
Il fait ma foi
Beaucoup moins froid
Qu'au Panthéon

Depuis mon vieux
Qu'au fond des cieux
Tu as fait ton trou
Il a coulé
De l'eau sous les
Ponts de chez nous
Les bons enfants
D'la rue de Van-
ves à la Gaîté
L'un comme l'au-
tre au gré des flots
Fur'nt emportés
Mais aucun d'eux
N'a fait fi de
Son temps jadis
Tous sont restés
Du parti des
Myosotis
Tous ces pierrots
Ont le coeur gros
Mon vieux Léon
En entendant
Le moindre chant
D'accordéon

Quel temps fait-il
Chez les gentils
De l'au-delà
Les musiciens
Ont-ils enfin
Trouvé le la
Et le p'tit bleu
Est-c'que ça n'le
Rend pas meilleur
D'être servi
Au sein des vi-
gnes du Seigneur
Si d'temps en temps
Un'dam' d'antan
S'laisse embrasser
Sûr'ment papa
Que tu regrett's pas
D'être passé
Et si l'bon Dieu
Aim' tant soit peu
L'accordéon
Au firmament
Tu t'plais sûr'ment
Mon vieux Léon.

IL VECCHIO LÉON

Mi sembra ieri,
Quindici anni di sventura,
Mio vecchio Léon,
Che sei partito
Per il paradiso
Dell'accordeòn;
Di buon passo,
A veder se il "bastringue" [*]
E la giava [**]
Avevano ancora
Cittadinanza
Presso Geova.
Quindici anni fra poco
Che, musica in spalla,
Te ne sei andato
A menar la danza
Al circolino
Dei fuochi fatui.
Dal quel rifugio,
Per Santa Cecilia,
Perdonaci
Di non avere
Saputo apprezzare
Il tuo "biniou". [***]

Non è giusto,
Ma i suonatori 
Di accordeòn
Mai e poi mai
Vengon sepolti
Al Pantheòn.
Vecchio mio, t'è toccato
Contentarti
D'un camposanto,
Senza gran pompa,
Senza lustrini,
Senza avemmarie;
Ma gli amici
Seguivan la bara
Con la morte nel cuore,
E ridevano
Per far finta
Di non piangere;
E nel nostro cuore,
Povero suonatore
Di accordeòn,
Ti garantisco, 
Fa molto meno freddo
Che al Pantheòn.

Da quando, vecchio mio,
Nel profondo dei cieli
Ti sei preso un angolino,
Ne è passata d'acqua
Sotto i ponti
Di casa nostra.
I bravi ragazzi
Dalla Rue Vanves [****]
Alla Gaîté [*****],
Senza eccezione
Son stati portati
Via dalle onde.
Ma nessuno di loro
Ha mai sputato
Sul suo passato,
Son rimasti tutti
Del partito dei
Nontiscordardimé.
Tutti questi pierrot
Hanno il cuore gonfio,
Mio vecchio Léon,
Quando sentono
Il minimo canto
D'un accordeòn.

Che tempo fa
Presso le anime gentili
Dell'aldilà?
I musicisti
Lo hanno trovato
Infine il "la"?
E il vinaccio
E' reso dunque
Migliore
Quando è servito
Tra le vigne
Del Signore?
Se ogni tanto
Un'antica dama
Si fa baciare,
Di sicuro, vecchio mio,
Non rimpiangerai
D'esser partito.
E se al buon Dio
Piace solo un po'
L'accordeòn,
Nel firmamento
Ti ci trovi bene,
Mio vecchio Léon.


[*]
Il "bastringue" è una sorta di ballo da bettola, da osteria; è, come
dice il suo nome stesso, molto chiassoso ("bastringue" significa anche
"cagnara"; e qui Mario Mascioli prende un'altra cantonata traducendo
genericamente "ballo popolare"...). Si tenga presente l'ambientazione di
questa canzone, dedicata ad uno degli amici di Brassens che
frequentavano la casa dove era ospitato da Jeanne e suo marito, al nº 14
dell'Impasse Florimont (v. meglio sotto).
Il "Vecchio Léon" era bretone ed un vero suonatore di accordeòn e di
altri strumenti popolari nelle bettole del XIVème arrondissement.

[**]
"Ma tu non lo udisti e il tempo passava / con le stagioni a passo di
giava". Questa canzone è del 1957; e da qualche parte De André
dev'essere sicuramente andato a scovarselo, il giava...

[***]
Léon, come detto, era bretone; e il "biniou" (meglio sarebbe forse dire
"LE biniou", perché in bretone è un plurale: , da  "sacca,
otre") è, assieme al < pib veur > (corrispondente alle < uileann pipes >
irlandesi) il più tipico strumento della Bretagna (una sorta di zampogna
a più sacche). Se qualcuno vuole sentire che suono ha, gli raccomando
l'ascolto di Alan Stivell.

[****] e [*****]
Appena arrivato senza un soldo nella Parigi occupata dai tedeschi, nel
1941, Brassens fu ospitato gratuitamente, rimanendovi fino a quando non
cominciò ad essere conosciuto, da una coppia di modestissimi mezzi: si
trattava di Jeanne e di suo marito Marcel. Vivevano in una casa con un
piccolissimo cortiletto e letteralmente pieni di animali di ogni genere,
specialmente gatti e anatre, al nº 8 dell'Impasse Florimont, nel XIVème
arrondissement, un vicoletto cieco tra la Rue d'Alésia e la Rue Raymond
Losserand. E qui vengono nominate due altre strade vicine: la Rue des
Vanves (propriamente: Rue de la Porte de Vanves), in fondo alla Rue
Losserand, e la Rue de la Gaîté, dietro la Gare Montparnasse e parallela
all'omonimo Cimitero (di cui si parla nella "Ballade des Cimetières" ed
il cui ingresso si trova nella Rue Froidevaux nominata nella stessa
ballata: "Au cimetière de Montparnasse / à deux pas de sa maison").
Ricordando le canzoni dedicate o ispirate a Jeanne (quella omonima,
"Jeanne", la "Cane de Jeanne" e, soprattutto, la strofa dell' "hôtesse"
nella "Chanson pour l'Auvergnat"). Brassens è stato veramente il cantore
del XIVème arrondissement: alla Rue Didot (e ancora alla Rue des Vanves)
ha dedicato una canzone intera (incisa però dopo la sua morte da Jean
Bertola), e non c'è da stupirsi se a poca distanza, subito oltre la
ferrovia, si trova attualmente il "Parc Georges Brassens". Però è nel
XV.

Si riporta anche l'interessante intervento di Piercarlo:

"Dunque Brassens arriva nel 1940 a Parigi e va ospite della sorella 
di sua madre Antonietta fino al 1943. 
In quell'anno è inviato dai tedeschi in Germania a Basdorf per il 
servizio di lavoro obbligatorio (STO).
Nel 1944 rientra per una breve licenza, e non avendo
più alcuna intenzione di tornare a Basdorf, si rifugia presso Jeanne e
Marcel (amici della zia) all'impasse Florimont.
L'aspetto più incredibile
è, secondo me, che abbandonerà la "catapecchia" per una casa "più
confortevole" solo nel 1966 in occasione delle seconde nozze della Jeanne.
Credo proprio che sia da pochi, avendo i mezzi per fare altrimenti,
continuare a vivere nelle scomodità."

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LE MOYENÂGEUX

Le seul reproche, au demeurant,
Qu'aient pu mériter mes parents,
C'est d'avoir pas joué plus tôt
Le jeu de la bête à deux dos.
Je suis né, même pas bâtard
Avec cinq siècles de retard.
Pardonnez-moi, Prince, si je
Suis foutrement moyenâgeux.

Ah! Que n'ai-je vécu, bon sang!
Entre quatorze et quinze cent.
J'aurais retrouvé mes copains
Au Trou de la Pomme de Pin.
Tous les beaux parleurs de jargon,
Tous les promis de Montfaucon,
Les plus illustres seigneuries
Du royaum' de truanderie.

Après une franche repue,
J'eusse aimé, toute honte bue,
Aller courir le cotillon
Sur les pas de François Villon.
Troussant la gueuse et la forçant
Au cimetièr' des Innocents,
Mes amours de ce siècle-ci
N'en aient aucune jalousie.

J'eusse aimé le corps féminin
Des nonnettes et des nonnains
Qui, dans ces jolis temps bénis,
Ne disaient pas toujours nenni,
Qui faisaient le mur du couvent,
Qui, Dieu leur pardonne!, souvent,
Comptaient les baisers, s'il vous plaît,
Avec les grains de chapelet.

Ces p'tit's sœurs, trouvant qu'à leur goût
Quatre Évangil's c'est pas beaucoup,
Sacrifiaient à un de plus:
L'Évangile selon Vénus.
Témoin: l'abbesse de Pourras,
Qui fut, qui reste et restera
La plus glorieuse putain
Des moines du quartier Latin.

A la fin, les anges du guet
M'auraient conduit sur le gibet.
Je serais mort, jambes en l'air,
Sur la veuve patibulaire,
En arrosant la mandragore,
L'herbe aux pendus qui revigore,
En bénissant avec les pieds
Les ribaudes apitoyé's.

Hélas! Tout ça, c'est des chansons,
Il faut se faire une raison.
Les chou-fleurs poussent à present
Sur le charnier des Innocents.
Le Trou de la Pomme de Pin
N'est plus qu'un bar américain,
Y a quelque chose de pourri
Au royaum' de truanderi'.

Je mourrai pas à Montfaucon,
Mais dans un lit, comme un vrai con,
Je mourrai, pas même pendard,
Avec cinq siècles de retard.
Ma dernière parole soit
Quelques vers de Maître François,
Et que j'emporte avec les dents
Un flocon des neiges d'antan.

Ma dernière parole soit
Quelques vers de Maître François,
Pardonnez-moi, Prince, si je
Suis foutrement moyenâgeux.

IL MEDIEVALE
[RV]

Il solo rimprovero, in fondo,
Che i miei possano meritare
E' di non aver giocato prima
Al gioco dell'ingroppamento.
Sono nato, e neppure bastardo,
Con cinque secoli di ritardo.
Perdonatemi, Principe, se
Sono terribilmente medievale.

Cazzo! Perché non son vissuto
Tra il quattro e il cinquecento...?
Avrei incontrato i miei amici
Alla Locanda della Pigna.
Tutti i gran parlatori di gergo,
Tutti i pendagli da forca,
Le più illustri signorie
Del Regno della Malavita.

Dopo una mangiata a ufo,
Mi sarebbe piaciuto, senza ritegno
Andar dietro alle sottane
Sulle orme di François Villon.
Su la gonna, e infilarlo a una troia
Al Cimitero degli Innocenti,
I miei amori di questo secoli
Non ne sian punto gelosi.

Avrei amato il corpo femminile
Delle novizie e delle monache
Che, in quei tempi benedetti
Non dicevano sempre di no,
Che battevano il muro del convento
E che, spesso, Dio le perdoni!,
Contavan le scopate, eh già,
Sui grani del rosario.

Queste suorine credevan che per loro
Fossero pochi quattro Vangeli,
E sacrificavano ad uno in più:
Il Vangelo secondo Venere.
Testimone: la badessa di Pourras,
Che fu, che resta e resterà
La più gloriosa puttana
Per i frati del Quartiere Latino.

Alla fine, gli sbirri
M'avrebbero portato alla forca;
Sarei morto gambe all'aria
Appeso al patibolo,
Innaffiando la mandragola,
L'erba degli impiccati, che dà vigore,
E benedicendo coi piedi
Le bagasce impietosite.

Ohimé! Tutto questo è roba per una canzone,
Bisogna farsene una ragione.
Sull'Ossario degli Innocenti
Ora ci crescono i cavolfiori.
La Locanda della Pigna
E' diventata un american bar,
E c'è del marcio
Nel Regno della Malavita.

Non morrò sulla forca,
Ma in un letto, come un coglione;
Morirò, e neppure impiccato,
Con cinque secoli di ritardo.
Le mie ultime parole siano
Qualche verso di Maestro François,
E che io possa portare tra i denti
Un fiocco delle nevi d'un tempo.

Le mie ultime parole siano
Qualche verso di Maestro François,
Perdonatemi, Principe, se
Sono terribilmente medievale.

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LE TEMPS NE FAIT RIEN A L'AFFAIRE

Quand ils sont tout neufs
Qu'ils sortent de l'oeuf
Du cocon
Tous les jeunes blancs-becs
Prennent les vieux mecs
Pour des cons
Quand ils sont d'venus
Des têtes chenues
Des grisons
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons
Moi, qui balance entre deux âges
J'leur adresse à tous un message

Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan

Vous, les cons naissants
Les cons innocents
Les jeun's cons
Qui n'le niez pas
Prenez les papas
Pour des cons
Vous, les cons âgés
Les cons usagés
Les vieux cons
Qui, confessez-le
Prenez les p'tits bleus
Pour des cons
Méditez l'impartial message
D'un type qui balance entre deux âges

Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan.

L'ETÀ NON C'ENTRA AFFATTO
[RV]

Appena fatti,
Uscendo dall'uovo,
Dal bòzzolo,
Tutti i pivellini
Prendono i vecchi
Per stronzi.
Diventati poi
Teste canute,
Ingrigite,
'Sti vecchi idioti
Prendono i giovanotti
Per stronzi.
Io, che sto nell'età di mezzo
Rivolgo loro un messaggio:

L'età non c'entra affatto,
Quando si è stronzi, si è stronzi.
A vent'anni come da nonni
Quando si è stronzi, si è stronzi.
Smettetela allora di litigare,
Stronzi al tramonto e stronzi all'esordio,
Stronzetti dell'ultim'ora,
Vecchi stronzi del tempo che fu.

Voi, stronzi in fasce,
Stronzi innocenti,
Giovani stronzi,
Non vorrete negar che
Prendete i papà
Per degli stronzi.
E voi, stronzi attempati,
Stronzi d'annata,
Vecchi stronzi,
Confessate che
Prendete i pischelli
Per degli stronzi.
Meditate il messaggio impaziale
D'uno nell'età di mezzo:

L'età non c'entra affatto,
Quando si è stronzi, si è stronzi.
A vent'anni come da nonni
Quando si è stronzi, si è stronzi.
Smettetela allora di litigare,
Stronzi al tramonto e stronzi all'esordio,
Stronzetti dell'ultim'ora,
Vecchi stronzi del tempo che fu.

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DON JUAN

Gloire à qui freine à mort de peur d'écrabouiller
Le hérisson perdu, le crapaud fourvoyé;
Et gloire à Don Juan d'avoir un jour souri
A celle à qui les autres n'attachaient aucun prix.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire au flic qui barrait le passage aux autos
Pour lasser traverser les chats de Léautaud;
Et gloire à Don Juan d'avoir pris rendez-vous,
Avec la délaissée que l'amour désavoue.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire au premier venu qui passe et qui se tait
Quand la canaille crie "haro sur le baudet!"
Et gloire à Don Juan pour ses galants discours
A celle à qui les autres faisaient jamais la cour.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Et gloire à ce curé sauvant son ennemi
Lors du massacre de la Saint-Barthélemy!
Et gloire à Don Juan qui couvrit de baisers
La fille que les autres refusaient d'embrasser.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Et gloire à ce soldat qui jeta son fusil
Plutôt que d'achever l'otage à sa merci!
Et gloire à Don Juan d'avoir osé trousser
Celle dont le jupon restait toujours baissé.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire à la bonne sœur qui, par temps pas très chaud,
Dégela dans sa main le pénis du manchot;
Et gloire à Don Juan qui fit reluire un soir
Ce cul désherité ne sachant que s'asseoir.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint
Se borne à ne pas trop emmerder ses voisins;
Et gloire à Don Juan qui rendit femme celle
Qui, sans lui, quelle horreur!, serait morte pucelle.
Cette fille est trop vilaine, il me la faut.

DON GIOVANNI
[RV]

Gloria a chi inchioda i freni per paura di maciullare
Il riccio smarrito, il rospo fuor di strada;
E gloria a Don Giovanni, che un giorno ha sorriso
A quella che gli altri manco cacavan di striscio.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria al flic che fermava le macchine
Per far traversare i gatti di Léautaud; [*]
E gloria a Don Giovanni, che ha preso appuntamento
Con quella trascurata e l'amor rinnega.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria al primo venuto che passa e sta zitto
Quando le canaglia urla "su, diamogli addosso!"
E gloria a Don Giovanni per le sue galanterie
A quella che gli altri non corteggiavan mai.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria à quel prete che salvò il suo nemico
Durante la strage della notte di San Bartolomeo!
E gloria a Don Giovanni, che ricoprì di baci
La ragazza che gli altri non volevano slinguare.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria a quel soldato che buttò via il fucile
Invece che finir l'ostaggio che gli chiedeva pietà;
E gloria a Don Giovanni, che osò alzare le vesti
Di quella la cui gonna restava sempre giù.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria alla suora che, in stagione non proprio calda,
Scongelò nella sua mano il cazzo d'un monco!
E gloria a Don Giovanni, che fece splendere una sera
Quel culo diseredato che sapeva solo sedersi.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

Gloria a chi non ha ideali sacrosanti
E si limita a non romperle troppo ai vicini;
E gloria a Don Giovanni, che rese donna quella
Che, orrore!, senza di lui sarebbe morta vergine.
'Sta ragazza è troppo racchia: la voglio io.

[*] Qui Brassens ricorda Paul Léautaud (1872-1956), lo scrittore e
giornalista autore del "Petit Ami" ed amico di André Gide e di Paul
Valéry. Léautaud viveva a Fontenay-aux-Roses in una sorta di
padiglione mezzo pericolante e scrostato, dove si era installato per
vivere assieme ai suoi numerosissimi animali; in un momento della sua
vita in cui sembrava del tutto dimenticato, raggiunse di nuovo una
grande notorietà grazie ad una serie di trasmissioni radiofoniche in
cui "duettava" con Robert Mallet. Léautaud aveva una bellissima
figura, ma amava vestirsi da straccione; l'episodio nominato da
Brassens in "Don Juan" è autentico. Il "flic" in servizio nella strada
dove abitava fermava veramente il traffico quando i gatti di Léautaud
attraversavano la strada.

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SUPPLIQUE POUR ÊTRE ENTERRÉ À LA PLAGE DE SÈTE

La camarde, qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d'un zèle imbécile,
Alors, cerné de près par les enterrements,
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.

Trempe dans l'encre bleu du Golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et, de ta plus belle écriture
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point: la rupture.

Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celles de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes,
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,
Terminus en gare de Sète.

Mon caveau de famille, hélas! n'est pas tout neuf,
Vulgairement parlant, il est plein comme un oeuf,
Et, d'ici que quelqu'un n'en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens, "Poussez-vous donc un peu!",
Place aux jeunes, en quelque sorte.

Just au bord de la mer, à deux pas des flots bleus,
Creusez, si c'est possible, un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche,
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la Plage de la Corniche.

C'est une plage où, même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où, quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie: "Je suis le maître à bord,
Sauve qui peut! Le vin et le pastis d'abord!
Chacun sa bonbonne, et courage!"

Et c'est là que, jadis, à quinze ans révolus,
À l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus,
Je connus la prime amourette,
Auprès d'una sirène, une femme-poisson,
Je reçus de l'amour la première leçon,
Avalai ma première arête.

Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi, l'humble troubadour, sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne,
Et qu'au moins, si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux autochtones.

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable,
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue, et les petits enfants
Diront: "Chouette! Un château de sable!"

Est-ce trop demander..? Sur mon petit lopin,
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin,
Pin-parasol, de préférence,
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérences.

Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,
Tout chargés de parfums, de musiques jolies,
Le mistral et la tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane.

Et quand, prenant ma butte en guise d'oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume,
J'en demande pardon par avance à Jésus
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur postume.

Pauvres rois, pharaons! Pauvre Napoléon!
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon!
Pauvres cendres de conséquence!
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacance,

Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacance.
 
SUPPLICA PER ESSERE SEPOLTO SULLA SPIAGGIA DI GALENZANA
[RV]

La Carogna, che non mi ha mai perdonato
D'averle piantato fiori nei buchi del naso
Mi vien dietro come un cane scemo...
Allora, coi funerali sempre dappresso
Ho pensato meglio aggiornarmi il testamento:
Mi son concesso un codicillo.

Intingila nell'inchiostro azzurro del Golfo di Campo,
Intìngicela la penna, o mio vecchio notaio,
E, con la tua migliore calligrafia
Scrivi quel che s'avrebbe a fare della mia carcassa
Quando la mia anima e lei non saran concordi
Su nient'altro che un divorzio.

Quando la mia anima sarà volata all'orizzonte
Verso quelle di Làzzero Mortula e d'Emiliona,
Quelle di Bìbbolo e di nonna Peppa,
Che il mio corpo sia riportato dove son nato,
In un vagonaccio del Livorno-Piombino,
Capolinea a Portoferraio.

La mia tomba di famiglia, cazzo! è un po' vecchiotta.
E, come si dice noi, è un po' piena zipilla;
Nell'attesa che qualcuno esca fuori
Si rischia di far tardi, e certo non posso
Dire a quella brava gente, "Su, fàtivi 'n dà!"
Sarebbe come dire: Largo ai giovani.

Proprio in riva al mare, a du' passi dall'onde blu
Scavate, se potete, una buchetta morbida,
Una nicchietta come si deve,
Vicino ai miei amici d'infanzia, i delfini
Lungo quella battigia dove la sabbia è tanto fine
Sulla spiaggia di Galenzana.

È una spiaggia dove, anche quando gli piglian le furie,
Nettuno non si prende mai troppo sul serio,
Dove, quando una barca va a picco,
Il capitano grida: "E qui comando io!
Si salvi chi può! Il vino e l'aleatico prima di tutto!
Ognuno si pigli una damigiana, e coraggio!"

Ed è lì che una volta, a quindici anni fatti,
All'età in cui non basta più divertirsi da solo
Ho conosciuto la mia prima cotta,
E con una sirena, una donna-pesce
Ho ricevuto la prima lezione d'amore,
Ho masticato amaro la prima volta.

Rendo i dovuti onori a Paul Valéry,
Ma io, umile scribacchino, voglio superarlo,
Il buon maestro non s'arrabbi:
Che almeno, se i suoi versi sono migliori dei miei,
Il mio cimitero sia più marino del suo,
E non dispiaccia agli autoctoni.

Questa tomba incastrata tra il cielo e il mare
Non darà un velo di tristezza al paesaggio
Ma un fascino che non si può dire:
Le bagnanti la useranno come paravento
Per cambiarsi, e i bambini diranno:
"Che bello! Un castello di sabbia!"

Chiedo troppo? Sul mio pezzetto di terra
Piantateci, vi prego, una specie di pino,
Pino ombrellaio, se possibile...
Così potrà proteggere dall'insolazione
Gli amici che verranno al mio quadrato
A fare affettuose riverenze.

Vengon ora dalla Corsica, ora dal Continente
Gonfi di profumi e di belle musiche
Il libeccio e il maestrale...
Sul mio ultimo sonno verseranno gli echi
Un giorno di rimbécchi, un altro di rondò,
Caterinette e ballus tundus.

E quando, prendendo il mio tumulo per un cuscino,
Un'ondina verrà tranquilla a fare un pisolino
Con addosso men che niente di costume,
Chiedo perdono già da ora a Gesuccristo
Se l'ombra della mia croce vi si stenderà un po' sopra
Per un piccolo piacere postumo.

Poveri re, faraoni! Povero Napoleone!
Poveri grandi estinti che giacete al Pantheon!
Povere ceneri eccellenti!
Invidierete un po' l'eterno villeggiante
Che in pedalò va sull'onde a sognare,
Che passa la sua morte in vacanza,

Invidierete un po' l'eterno villeggiante
Che in pedalò va sull'onde a sognare,
Che passa la sua morte in vacanza.

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LE VIN

Avant de chanter
Ma vi', de fair' des
Harangues,
Dans ma gueul' de bois
J'ai tourné sept fois
Ma langue...
J'suis issu de gens
Qui étaient pas du gen-
re sobre...
On conte que j'eus
La tétée au jus
D'octobre.

Mes parents ont dû
M'trouver au pied d'u-
ne souche,
Et non dans un chou
Comm' ces gens plus ou
Moins louches...
En guise de sang
(O noblesse sans
Pareille!)
Il coule en mon cœur
La chaude liqueur
D'la treille.

Quand on est un sa-
ge, et qu'on a du sa-
voir boire,
On se garde à vue,
En cas de soif, u-
ne poire...
Une poire ou deux
Mais en forme de
Bonbonne,
Au ventre replet
Rempli du bon lait
D' l'automne...

Jadis, aux Enfers,
Certe', il a souffert
Tantale
Quand l'eau refusa
D'arroser ses a-
mygdales...
Etre assoiffé d'eau,
C'est triste, mais faut
Bien dire
Que l'être de vin
C'est encore vingt
Fois pire.
 
Hélas! Il ne pleut
Jamais du gros bleu
Qui tâche...
Qu'elles donnent du vin,
J'irai trair' enfin
Les vaches...
Que vienne le temps
Du vin coulant dans
La Seine,
Les gens par milliers
Courront y noyer
Leur peine.
 
IR VINO
versione in dialetto livornese
[RV]

Prima di 'antà la mi' vita, di fàvvi 'r procrama
Ce l'ho stioccata sette vorte la lingua 'n gola;
So' nato da gente 'e beveva di nidio!
Dìano, mi davan la puppa 'or Chianti, dé!

Mi’ ma’, di siùro, m'ha caàto 'n una vigna,
E no sotto ’n cavolo, 'ome 'sti pezzi di mòta!
‘Un ciò 'r sangue blé, ma so' più nobile ancora,
Dé, ar posto der sangue ciò 'r vino di 'vello nero!

Se vò' dì di bé' bene, dioàne, 'varda 'n poìno
Di tenétti sempre 'r biberonne sur canterale!
'R biberonne sì, ma a forma di damigiana
E pieno zipìllo, boia, der latte d'ottobre!

Boia, dev'èsse' stato male Tàntolo all'inferno
'Vando ‘un ni davano da bè' nulla, uimmèna!
Dé! Avé' sete d'acqua ‘unn'è nnulla; di vino
È peggio, nataccio da'n cane! E ‘un piove

Mai  'n'po' di vino di 'vello 'e macchia,
Se fanno 'r vino, dé, vo anco a mùnge le mucche!
Venisse n'po' 'r tempo 'e 'r vino 'orre pe' fossi,
'E quando ti gìrano 'orri a buttàttici dentro!

*******************************************************
 
LE MÉCREANT

Est-il en notre temps rien de plus odieux,
De plus désespérant que de n' pas croire en Dieu?

J' voudrais avoir la foi, la foi d' mon charbonnier
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier.

Mon voisin du dessus, un certain Blaise Pascal,
M'a gentiment donné ce conseil amical:

"Mettez-vous à genoux, priez et implorez,
Faites semblant de croire et bientôt vous croirez."

J' me mis à débiter, les rotules à terr'
Tous les Ave Maria, tous le Pater Noster

Dans les rues, les cafés, les trains, les autobus,
Tous les De Profundis, tous les morpionibus

Sur ces entrefait's-là, trouvant dans les orties
Un' soutane à ma taille je m'en suis travesti,

Et tonsuré de frais, ma guitare à la main,
Vers la foi salvatric' je me mis en chemin.

J' tombai sur un buisseau d' punais's de sacristie,
Me prenant pour un autre en choeur elles m'ont dit:

"Mon Pèr', chantez-nous donc quelque refrain sacré,
Quelque sainte chanson dont vous avez l' secret."

Grattant avec ferveur les cordes sous mes doigts
J'entonnai "Le Gorille" avec "Putain de toi"

Criant à l'imposteur, au traître, au papelard,
Ell's veul'ent me fair' subir le supplic' d'Abélard.

Je vais grossir les rangs des muets du sérail,
Les belles ne viendront plus se pendre à mon poitrail,

Grâce à ma voix coupée j'aurai la plac' de choix
Au milieu des petits chanteurs à la croix d' bois.

Attirée par le bruit, un' dam' de charité
Leur dit: "Que faites-vous, malheureus's? Arrêtez!

Y a tant d'homm's aujourd'hui qui ont un penchant pervers
À prendre obstinément Cupidon à l'envers

Tant d'hommes dépourvus de leurs virils appas,
À ceux qui en ont encore, ne les enlevons pas!"

Ces arguments massue firent un' grosse impression,
On me laissa partir avec des ovations.

Mais su' l' chemin du ciel je n' ferai plus un pas,
La foi viendra d'ell' même, ou ell' ne viendra pas.

Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus,
Y a déjà quelque temps que je ne vole plus

Si l'Eternel existe en fin de compte il voit,
Qu' je m' conduis guèr' plus mal que si j'avais la foi.
 
IL MISCREDENTE
[RV]

Esiste, al giorno d'oggi, nulla di più odioso,
Di più sconfortante che non credere in Dio?

Vorrei aver la fede, ma quella del mio carbonaio,
Che è contento come un papa e scemo come un pollaio.

Il mio vicino del pian di sopra, un certo Biagio Pascàl
M'ha gentilmente dato quest'amichevole consiglio:

"Si metta in ginocchio, preghi ed implori,
Faccia finta di credere, e presto crederà."

Mi misi a biascicare, ginocchioni per terra,
Tutte le Avemmarie e tutti i Paternostri

Per strada, al bar, in treno e sull'autobus
Tutti i De Profundis, tutti gli scarrafònibus

Tutto preso dalla cosa, trovai dentro alle ortiche
Una tonaca della mia taglia e me la misi addosso,

Mi feci una bella tonsura, e, imbracciata la chitarra
Verso la fé salvìfica mi posi in alfin in cammino.

Incocciai un gruppetto di beghine e baciapile
Che mi presero per fra' Cionfoli e mi dissero in coro:

"Padre, allora, ci canti qualche sacro motivo,
Qualche santa canzone di cui avete la chiave!"

Pestando con passione le corde con le dita
Intonai "Il Gorilla", "Bocca di rosa" e "Il Blasfemo"

Gridarono "Impostore! Cialtrone! Traditore!",
Mi volevan far patire il supplizio di Abelardo.

Andrò a ingrossar le fila degli eunuchi del serraglio,
Le belle più non s'attaccheranno al mio petto villoso

Grazie alla voce bianca avrò il posto d'onore
In mezzo ai piccoli cantori della cattedrale.

Attirata dal rumore, una dama di carità
Gli dice: "Ma che fate, rincoglionite? Ferme!

Ci son tanti uomini, oggi, che tendono un po' troppo
A prender caparbiamente Cupìdo alla rovescia!

Tanti uomini sprovvisti dei virili attributi,
A quelli che ancor ce li hanno, non glieli leviamo!"

Questi argomenti tòpici fecero grande impressione:
Mi lasciarono andar via con un'ovazione.

Ma sulla strada del Cielo non farò più manco un passo,
La fede, o verrà da sola, oppure non verrà affatto.

Non ho mai ammazzato, e men che mai stuprato,
E' già da qualche tempo che non rubo più

Se il Padreterno esiste, lo vede, in fin dei conti,
Che non mi comporto peggio che se avessi la fede!

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VÉNUS CALLIPYGE

Que jamais l’art abstrait qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant.
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité!

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce,
Qu’on ne peut s’empêcher de lui donner raison,
Que ne suis-je, madame, un poète de race
Pour dire à sa louange un immortel blason.

En le voyant passer, j’en eus la chair de poule,
Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui vou’
Un culte véritable et, quand je perds aux boules,
En embrassant Fanny, je ne pense qu’ à vous.

C’est le duc de Bordeaux qui s’en va, tête basse,
Car il ressemble au mien comme deux gouttes d’eau,
S’il ressemblait au vôtre on dirait, quand il passe:
"C’est un joli garçon que le duc de Bordeaux!"

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent
Que vous avez placés votre orgueil un peu bas,
Que vous présumez trop, en somme, des vos fesses,
Et, surtoutm par faveur, ne vous asseyez pas!

Laissez-la raconter qu’en sortant de calèche
La brise à fait voler votre robe, et qu’on vit
Écrite dans un cœur transpercé d’une flèche,
Cette expression triviale: "A Julot pour la vi’ "

Laissez-les dire encore qu’à la cour d’Angleterre,
Faisant la révérence aux souverains anglois,
Vous êtes, patatrac, tombée assise à terre:
La loi d’ la pesanteur est dur’, mais c’est la loi.

Nul ne peut aujourd’hui trépasser sans voir Naples,
A l’assaut des chefs-d’œuvre ils veulent tous courir!
Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:
Voir votre academie, madame, et puis mourir. 

Que jamais l’art abstrait qui sévit maintenant
N’enlève à vos attraits ce volume étonnant.
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité!

 
VENERE CALLIPIGIA [*]
[A - con integrazioni e note di RV]

Mai l'arte astratta che oggi imperversa
sottragga al vostro fascino questo volume stupendo.
Nel tempo in cui gli ipocriti sono la maggioranza,
gloria a chi dice tutta la verità! 

La vostra schiena perde il suo nome così di buona grazia
che non si può fare a meno di darle ragione.
Perché, signora, non sono un poeta di razza,
per recitare in sua lode un immortal ritratto.
 
Vedendolo passare mi è venuta la ciccia gallina,
ma alla fine mi sono raccapezzato e da allora gli dedico
un vero e proprio culto e, quando perdo a bocce,
mentre bacio Fanny, non penso che a voi [**]

Per ottenere, signora, questa linea di prim'ordine
dovete certamente torturare chi vi sta attorno
e dare ai sarti del gran filo da torcere
e far scoppiare di lavoro la vostra damigella.

E' il duca di Bordeaux che se ne va a testa bassa
perché rassomiglia al mio come due gocce d'acqua;
se somigliasse al vostro si direbbe, quando passa:
"che bel ragazzo che è il duca di Bordeaux!"

Non date retta agli invidiosi che proclamano
che avete riposto il vostro orgoglio piuttosto in basso
e che presumete troppo, insomma, dalle vostre chiappe
e soprattutto - vi prego - non sedetevi!

Lasciateli pur raccontare che, mentre scendevate dal calesse,
la brezza ha fatto svolazzare il vostro vestito e che s'è vista,
scritta su un cuore trafitto da una freccia,
questa frase banale: "Al mio Jules, per sempre".

E lasciate che dicano ancora che alla corte d'Inghilterra,
mentre facevate la riverenza ai reali inglesi,
siete caduta - patatrac! - a terra seduta:
la legge della gravità è dura, ma è la legge!

Nessuno al giorno d'oggi può morire senza aver visto Napoli,
tutti vogliono correre all'assalto dei capolavori.
Le mie ambizioni sono molto più ragionevoli:
vedere il vostro nudo, signora, e poi morire.

Mai l'arte astratta che oggi imperversa
sottragga al vostro fascino questo volume stupendo.
Nel tempo in cui i simulatori sono la maggioranza,
gloria a chi dice tutta la verità!

[*] Ricordiamo che la Venere Callipigia è una statua
che si trova al museo nazionale di Napoli. "Callipigia"
è termine greco che significa "dal bel culo".

[**] Tradizionalmente, nelle bocciofile francesi il perdente
era costretto a baciare il fondoschiena di una prosperosa
figura di donna dipinta su una parete. Tale figura era
chiamata appunto "Fanny".

****************************************************

LES QUAT'Z' ARTS

Les copains affligés, les copines en pleurs,
La boîte à dominos enfoui' sous les fleurs.
Tout le monde équipé de sa tenu' de deuil,
La farce était bien bonne et valait le coup d'œil.

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
L'enterrement paraissait officiel. Bravo!

Le mort ne chantait pas: "Ah! C' qu'on s'emmerde ici!"
Il prenait son trépas à cœur, cette fois-ci,
Et les bonshomm's chargés de la levée du corps
Ne chantaient pas non plus: "Saint-Eloi bande encore!"

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
Le macchabé' semblait tout à fait mort. Bravo!

Ce n'étaient pas du tout des filles en tutu
Avec des fesses à claqu' et des chapeaux pointus,
Les commères choisies pour le cordon du poêle,
Et nul ne leur criait: "A poil! A poil! A poil!"

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
Les pleureuses sanglotaient pour de bon. Bravo!

Le curé n'avait pas un goupillon factice,
Un des ces goupillons en forme de phallus,
Et quand il y alla de ses de profundis,
L'enfant de chœur répliqua pas: morpionibus.

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
Le curé venait pas de Camaret. Bravo.

On descendit la bière et je fus bien déçu,
La blague maintenant frisait le mauvais goût,
Car le mort se laissa jeter la terr' dessus
Sans lever le couvercle en s'écriant "Coucou!"

Les Quat'z' arts avaient les choses comme il faut:
Le cercueil n'était pas à double fond. Bravo!

Quand tout fut consommé, je leur ai dit: "Messieurs,
Allons faire à présent la tournée des boxons!"
Mais il m'ont regardé avec de pauvres yeux,
Puis il m'ont embrassé d'une étrange façon.

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
Leur compassion semblait venir du cœur. Bravo!

Quand je suis ressorti de ce champ de navets
L'ombre de l'ici-gît pas à pas me suivait.
Une petite croix de trois fois rien du tout
Faisant, à elle seul', de l'ombre un peu partout.

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
Les revenants s'en mêlaient à leur tour. Bravo!

J'ai compris ma méprise un petit peu plus tard,
Quand, allumant ma pipe avec le faire-part,
J' m'aperçus que mon nom, comm' celui d'un bourgeois,
Occupait sur la liste une place de choix.

Les Quat'z' arts avaient fait les choses comme il faut:
J'étais le plus proch' parent du defunt. Bravo!

Adieu les faux tibias, les crânes de carton,
Plus de marche funèbre au son des mirlitons!
Au grand bal des Quat'z' arts nous n'irons plus danser,
Les vrais enterrements viennent de commencer.

Nous n'irons plus danser au grand bal des Quat'z' arts,
Viens, pépère, on va se ranger des corbillards,

Nous n'irons plus danser au grand bal des Quat'z' arts,
Viens, pépère, on va se ranger des corbillards.

LA FACOLTÀ D'ARTE
[RV]

I compagni disperati, le compagne in preda al pianto,
La cassa da morto coperta da una coltre di fiori,
E tutti ben muniti del loro vestito a lutto,
Proprio un bello scherzo! Valeva il colpo d'occhio.

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
Sembrava proprio un funerale vero. Grandi!

Il morto non cantava: "Qui ci si rompe il cazzo!",
Stavolta il suo trapasso se lo stava prendendo a cuore.
Neanche gli uomini che dovevan portar via la bara
Cantavano "Qui si venera Santa Scolastica"...

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in rgola:
Il cadavere sembrava davvero morto. Grandi!

Le comari scelte per il cordone funebre
Non erano affatto delle ragazze in gonnellino
Con un culo da sberle ed i cappelli a punta,
E nessuno gridava loro: "Nude! Nude! Nude!"

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
Le prefiche singhiozzavano sul serio. Grandi!

Il curato non aveva un aspersorio finto,
Uno di quelli fatti a forma di cazzo con le palle;
E quando attaccò coi suoi De profundis,
Il chierichetto non rispose: "Scassaminchibus".

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
Il prete non veniva dal paese di Goliardia. Grandi!

Venne calata la bara, e io restai molto deluso:
Ora lo scherzo sfiorava davvero il cattivo gusto,
Poiché il morto si lasciò ricoprire di terra
Senza spalancare il coperchio gridando "cuccù!"

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
La cassa da morto non era a doppio fondo. Grandi!

Quando tutto ebbe fine, dissi a tutti quanti:
"Bene, signori, ora andiamo a fare il giro dei casini!"
Ma quelli mi guardarono con degli occhi tristi
E mi abbracciarono in un modo un po' strano.

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
La compassione sembrava venir loro dal cuore. Grandi!

Quando sono uscito da quel camposanto
L'ombra del "qui giace" mi seguiva dappresso;
Una crocetta da quattro soldi, che da sola
Faceva ombra un po' dappertutto.

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
Ora ci si mettevano pure gli spiriti. Grandi!

Mi son accorto dell'abbaglio solo un po' più tardi,
Quando, accendendo la pipa con la partecipazione,
Ho notato che il mio cognome, come quello d'un borghese
Occupava nella lista un posto di riguardo.

La Facoltà d'Arte aveva fatto le cose in regola:
Ero il parente più stretto del defunto. Grandi!

Addio, tibie finte, addio, teschi di cartone,
Son finite le marce funebri al suono dei pìfferi!
E non andremo più al gran ballo di Facoltà,
I funerali veri son cominciati già.

E non andremo più al gran ballo di Facoltà,
Su, vecchio mio, scansiamoci dai carri funebri,

E non andremo più al gran ballo di Facoltà,
Su, vecchio mio, scansiamoci dai carri funebri.

*******************************************************

TEMPÊTE DANS UN BÉNITIER

Tempête dans un bénitier,
Le souverain pontife avecques
Les évêques, les archevêques
Nous font un satané chantier.

Ils ne savent pas ce qu'il perdent
Tous ces fichus calotins,
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde.
A la fête liturgique,
Plus des grand's pompes, soudain,
Sans le latin, sans le latin
Plus de mystère magique.
Le rite qui nous envoûte
S'avère alors anodin,
Sans le latin, sans le latin,
Et les fidèl's s'en foutent.
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin.

Je ne suis pas le seul, morbleu!
Depuis que ces règles sévissent,
A ne plus me rendre à l'office
Dominical que quand il pleut.

Ils ne savent pas ce qu'il perdent
Tous ces fichus calotins,
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde.
En renonçant à l'occulte,
Faudra qu'ils fassent tintin,
Sans le latin, sans le latin
Pour le denier du culte.
A la saison printanière
Suisse, bedeau, sacristain,
Sans le latin, sans le latin,
F'ront l'églis' buissonnière.
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin.

Ces oiseaux sont des enragés,
Ces corbeaux qui scient, rognent, tranchent
La saine et bonne vieill' branche
De la croix où ils sont perchés.

Ils ne savent pas ce qu'il perdent
Tous ces fichus calotins,
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde.
Le vin du sacré calice,
Se change en eau de boudin,
Sans le latin, sans le latin
Et ses vertus faiblissent.
A Lourdes, Sète ou bien Parme,
Comme à Quimper Corentin,
Le presbytère sans le latin,
A perdu de son charme.
O très Sainte Marie mèr' de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu'ils nous emmerdent
Sans le latin.

TEMPESTA IN UN'ACQUASANTIERA
[RV]

Tempesta in un'acquasantiera,
Il sommo pontefice assieme
Ai vescovi e agli arcivescovi
Ci hanno messo in un bel casino.

Non sanno che cosa perdon
Questi baciapile del cazzo!
Senza il latino, senza il latino
Ci si scassa alla messa.
Alla liturgia, all'improvviso,
Non c'è più solennità:
Senza il latino, senza il latino
Niente più magia del mistero.
Il rito che ci ammalia, allora
Si rivela anòdino
Senza il latino, senza il latino,
E i fedeli se ne fottono.
O Santissima Madre di Dio,
Dite a quegli stronzi di monaci
Che ci rompono i coglioni
Senza il latino.

Non sono il solo, poffarbacco!,
Da quando imperversano 'ste regole,
A non andar più all'ufficio
Domenicale se non quando piove.

Non sanno che cosa perdon
Questi baciapile del cazzo!
Senza il latino, senza il latino
Ci si scassa alla messa.
Rinunciando all'occulto,
Nessun più se li filerà,
Senza il latino, senza il latino
Quando fanno la questua.
Quando arriverà la primavera
Il cerimoniere, lo scaccino e il sagrestano
Senza il latino, senza il latino,
Faranno forca in chiesa.
O Santissima Madre di Dio,
Dite a quegli stronzi di monaci
Che ci rompono i coglioni
Senza il latino.

Questi cialtroni sono accaniti,
'Sti pretacci che segano, rodono e tranciano
Il sano, buon vecchio ramo
Della croce dove stanno appollaiati.

Non sanno che cosa perdon
Questi baciapile del cazzo!
Senza il latino, senza il latino
Ci si scassa alla messa.
Il vino del sacro calice,
Diventa acquaccia da pozzo nero:
Senza il latino, senza il latino
E le sue virtù s'affievoliscono.
A Lùrde', Sète o a Livorno
Come a Quimper Corentin,
Il presbiterio, senza il latino,
'n 'za più pròpio d'un corno,
O Santissima Madre di Dio,
Dite a quegli stronzi di monaci
Che ci rompono i coglioni
Senza il latino.

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SI SEULEMENT ELLE ÉTAIT JOLIE

[JOËLLE: Canzone sconosciuta di Brassens, ripresa nel '85 da Jean Bertola. 
Io l'ho scoperta ascoltando un ragazzo che faceva concerti nei Bar a Lille, 
e che cantava solo Brassens.]


Si seul'ment elle était jolie
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle est folle, c'est entendu,
Mais quelle beauté accomplie !"
Hélas elle est plus laide bientôt
Que les sept péchés capitaux.

Si seul'ment elle avait des formes,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle est moche, c'est entendu,
Mais c'est Vénus, copie conforme !"
Malheureus'ment, c'est désolant,
C'est le vrai squelette ambulant.

Si seul'ment elle était gentille,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle est plate, c'est entendu,
Mais c'est la meilleure des filles."
Malheureus'ment c'est un chameau,
Un succube, tranchons le mot.

Si elle était intelligente,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle est vache, c'est entendu,
Mais c'est une femme savante."
Malheureus'ment elle est très bête,
Et tout à fait analphabète.

Si seul'ment l'était cuisinière,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle est sotte, c'est entendu,
Mais quelle artiste culinaire !"
Malheureus'ment sa chère m'a
Pour toujours gâté l'estomac.

Si seul'ment elle était fidèle,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle m'empoisonn', c'est entendu,
Mais c'est une épouse modèle."
Malheureus'ment, elle est, papa,
folle d'un cul qu'elle n'a pas !

Si seul'ment l'était moribonde,
Je dirais : "Tout n'est pas perdu
Elle me trompe, c'est entendu,
Mais elle va quitter le monde."
Malheureus'ment, jamais ell'tousse :
Elle nous enterrera tous !

SE SOLO FOSSE CARINA
[RV]
 
Se solo fosse carina
Direi: "Non tutto è perduto,
È pazza, beninteso,
Ma è veramente bella!"
Ohimé! Invece è più brutta
Dei sette peccati capitali.
 
Se solo fosse ben formata
Direi: "Non tutto è perduto,
E' racchia, beninteso,
Ma sembra Venere in copia conforme!"
Purtroppo, e mi piange il cuore,
E' proprio uno scheletro che cammina. 

Se solo fosse gentile,
Dire: "Non tutto è perduto,
Non sa di niente, beninteso,
Ma è la migliore delle ragazze."
Purtroppo, è una carogna,
Un demonio, finiamola qui. 

Se solo fosse intelligente,
Direi: "Non tutto è perduto,
E' una canaglia, beninteso,
Ma è una donna che sa le cose."
Purtroppo è stupida come una capra
E totalmente analfabeta.

Se solo sapesse cucinare,
Direi: "Non tutto è perduto,
E' stupida, beninteso,
Ma è un'artista della culinaria!"
Purtroppo, il suo cibo m'ha
Guastato per sempre lo stomaco.

Se solo fosse fedele
Direi: "Non tutto è perduto,
Mi sta avvelenando, beninteso,
Ma è una sposa modello."
Purtroppo va pazza, papà,
Del suo culo, e manco ce l'ha.

Se solo fosse moribonda,
Direi: "Non tutto è perduto,
Mi fa le corna, beninteso,
Ma sta per lasciare questo mondo."
Purtroppo, non ha mai un colpo di tosse:
Ci sotterrerà tutti quanti!

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À L'OMBRE DES MARIS

Les dragons de vertu n'en prennent pas ombrage,
Si j'avais eu l'honneur de commander à bord,
A bord du Titanic quand il a fait naufrage,
J'aurais crié: "Les femm's adultères d'abord!"
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Car, pour combler les vœux, calmer la fièvre ardente
Du pauvre solitaire et qui n'est pas de bois,
Nulle n'est comparable à l'épouse inconstante,
Femmes de chefs de gar', c'est vous la fleur des pois.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Quant à vous, messeigneurs, aimez à votre guise,
En ce qui me concerne ayant un jour compris
Qu'une femme adultère est plus qu'une autre exquise,
Je cherche mon bonheur à l'ombre des maris.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

A l'ombre des maris mais, cela va sans dire,
Pas n'importe lesquels, je les tri', les choisis,
Si madame Dupont, d'aventure, m'attire,
Il faut que, par surcroît, Dupont me plaise aussi!
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Il convient que le bougre ait une bonne poire,
Sinon, me ravisant, je détale à grands pas,
Car je suis difficile et me refuse à boire
Dans le verr' d'un monsieur qui ne me revient pas.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Ils sont loins mes débuts où, manquant de pratique,
Sur des femmes de flics je mis mon dévolu,
Je n'étais pas encore ouvert à l'esthétique,
Cette faute de goût je ne la commets plus.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Oui, je suis tatillon, pointilleux, mais j'estime
Que le mari doit être un gentleman complet,
Car on finit tous deux pour devenir intimes,
A force, à force de se passer le relais!
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Mais, si l'on tombe, hélas! sur des maris infâmes,
Certains sont si courtois, si bons, si chaleureux,
Que, même après avoir cessé d'aimer leurs femmes,
On fait encore semblant uniquement pour eux.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

C'est mon cas ces temps-ci, je suis triste, malade,
Quand je dois faire honneur à certaine pécore;
Mais, son mari et moi, c'est Oreste et Pylade,
Et, pour garder l'ami, je la cajole encore.
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Non contente de me déplaire, elle me trompe,
Et, les jours où, furieux, voulant tout mettre à bas,
Je cri', "La coupe est pleine! Il est temps que je rompe!"
Le mari me suppli', "Non, ne me quittez pas!"
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Et je reste, et, tous deux, ensemble, on se flagorne,
Moi, je lui dis, "C'est vous mon cocu préferé",
Il me réplique alors: "Entre toutes mes cornes,
Celles que je vous dois, mon cher, me sont sacré's."
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...

Et je reste et, parfois, lorsque cette pimbêche
S'attarde en compagni' de son nouvel amant,
Que la nurse est sorti', le mari à la pêche,
C'est moi, pauvre de moi, qui garde les enfants...
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière...!
 
ALL’OMBRA DEI MARITI
[RV]

I paladini della virtù non se la piglino a male:
Se avessi avuto l'onore d'essere il comandante
A bordo del Titanic, quando ha fatto naufragio,
Avrei gridato: "Prima di tutti le mogli adultere!"
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Per soddisfare i desideri, calmar la febbre ardente
Del povero solitario, che non è di ghiaccio,
Nulla è paragonabile alla sposa infedele,
Mogli di capistazione, siete voi le migliori.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Quanto a voi, miei signori, amate quanto più v'aggrada;
Per quel che mi riguarda, avendo un giorno compreso
Che le mogli adultere son una meglio dell'altra,
Cerco la mia felicità all'ombra dei mariti.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

All'ombra dei mariti, ma, e questo va da sé,
Non di uno qualsiasi; me li scelgo, li seleziono,
Se la signora Rossi, per caso, mi attizza,
Mi deve piacere anche il signor Rossi.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

E quell'uomo deve avere una bella faccia,
Sennò cambio idea e me la filo di corsa;
Son di gusti difficili e mi rifiuto di bere
Dal bicchiere di un tizio che non mi garba.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Son lontani i miei esordi quando, senza esperienza,
Mettevo gli occhi addosso alle mogli di sbirri:
Non ero ancora troppo aperto all'estetica,
Una tal caduta di gusto, ora non ce l'ho più!
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Eh sì, sono pignolo, tignoso, ma ritengo
Che il marito debba essere un perfetto gentleman,
Dato che si finisce col diventare intimi
A forza, a forza di passarsi la staffetta.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Ma se si beccano, ohibò, dei mariti indegni,
Certuni sono invece così cortesi, buoni e calorosi
Che, anche dopo aver cessato d'amar la loro sposa
Si continua a far finta soltanto per loro.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

E' il mio caso attuale: mi sento triste, depresso,
Quando devo fare onore a una certa smorfiosa;
Ma suo marito ed io, siamo come Oreste e Pilade,
E, per non perder l'amico, la coccolo ancora.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

Non contenta di non piacermi, mi fa pure le corna,
E i giorni in cui, furioso, voglio spaccare tutto
E grido, "Ora basta! E' ora di darci un taglio!",
Il marito m'implora, "No, non mi lasciare!"
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

E io resto, e quando siamo insieme ci aduliamo a vicenda,
Io gli dico: "Lei è il mio cornuto preferito",
Mentre lui mi risponde, "Fra tutte le mie corna,
Quelle che devo a Lei, mio caro, per me son come sacre".
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...

E io resto e, a volte, quando quella civetta
S'attarda in compagnia del suo nuovo amante,
Quando la baby sitter è uscita, il marito è andato a pesca,
Tocca a me, povero me, di guardare i bambini.
Non scagliate la pietra all'adultera,
Ci son io dietro...!

*******************************************************
 
LA ROSE, LA BOUTEILLE ET LA POIGNÉE DE MAINS

Cette rose avait glissé glissé de
La gerbe qu'un héros gâteux
Portait au monument aux Morts.
Comme tous les gens levaient les
Yeux pour voir hisser les couleurs,
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route et m'en allais quérir,
Au p'tit bonheur la chance, un courage à fleurir.
Car c'est une des pir's perversions qui soient
Que de garder une rose par-devers soi.

La première à qui je l'offris
Tourna la tête avec mépris,
La deuxième s'enfuit et court,
Encore en criant "Au secours!"
Si la troisième m'a donné
Un coup d'ombrelle sur le nez,
La quatrième, c'est plus méchant,
Se mit en quête d'un agent.

Car aujourd'hui, c'est saugrenu,
Sans être louche on ne peut pas
Fleurir des belles inconnu's,
On est tombé bien bas, bien bas...
Et ce pauvre petit bouton
De rose a fleuri le veston
D'un vague chien de commissaire,
Quelle misère!

Cette bouteille était tombé'
De la soutane d'un abbé
Sortant de la messe ivre mort.
Une bouteille de vin fin,
Millesimé, béni, divin,
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route en cherchant, plein d'espoir,
Un brave gosier sec pour m'aider à la boire,
Car c'est une des pir's perversions qui soient
Que de garder du vin béni par-devers soi.

Le premier refusa mon verre
En me lorgnant d'un œil sévère,
Le deuxième m'a dit, railleur,
De m'en aller cuver ailleurs,
Si le troisième, sans retard
Au nez m'a jeté le nectar,
Le quatrième, c'est plus méchant,
Se mit en quête d'un agent.
 
Car, aujourd'hui, c'est saugrenu,
Sans être louche on ne peut pas
Trinquer avec des inconnus,
On est tombé bien bas, bien bas...
Avec la bouteille de vin
Millesimé, béni, divin,
Les flics se sont rincé la dalle,
Un vrai scandale!

Cette pauvre poigné' de main
Gisait, oubliée, en chemin,
Par deux amis fâchés à mort.
Quelque peu décontenancé',
Elle était là, dans le fossé:
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route avec l'intention
De faire circuler la virile effusion,
Car c'est une des pir's perversions qui soient
Que de garder une poigné' de main par-devers soi.

Le premier m'a dit: "Fous le camp!
J'aurais peur de salir mes gants",
Le deuxième, d'un air dévot,
Me donna cent sous, d'ailleurs faux.
Si le troisième, ours mal léché,
Dans ma main tendue a craché,
Le quatrième, c'est plus méchant,
Se mit en quête d'un agent.

Car aujourd'hui, c'est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Serrer la main des inconnus,
On est tombé bien bas, bien bas...
Et la pauvre poigné' de main,
Victime d'un sort inhumain,
Alla terminer sa carrière
A la fourrière.
 
LA ROSA, LA BOTTIGLIA E LA STRETTA DI MANO
[RV]

Quella rosa era scivolata 
Da una corona che uno scemo d'eroe
Stava portando al monumento ai caduti.
Siccome tutti avevan levato lo sguardo
Per veder issare il tricolore,
Io la raccolsi senza rimorso.

M'incamminai di nuovo per andare a cercare
Qua e là una camicetta per appuntarcela,
Perché è una delle peggiori perversioni che esistano
Tenersi per sé una rosa.

La prima alla quale la offrii
Voltò la testa con disprezzo,
La seconda fuggì via, e tuttora
Corre gridando aiuto.
Se la terza mi appioppò
Un'ombrellata sul naso,
La quarta, peggio che mai,
Si mise in cerca d'un poliziotto.

Perché oggigiorno è una merdata:
Se infiori una bella sconosciuta
Sei considerato un balordo!
Siamo davvero caduti in basso...
E quel povero bocciolo
Di rosa ha ornato la giacca
D'un qualche commissario del cazzo,
Che squallore!

Quella bottiglia era caduta
Da sotto il tonacone d'un prete
Che usciva di messa briaco fatto.
Una bottiglia di vino fine,
Millesimato, benedetto, divino:
E la raccolsi senza rimorso.

M'incamminai di nuovo, pieno di speranze,
Cercando una gola secca che m'aiutasse a berla,
Perché è una delle peggiori perversioni che esistano
Tenersi per sé del vino benedetto.

Il primo rifiutò il mio bicchiere
Fissandomi con occhi severi;
Il secondo m'ha preso per il culo
Dicendomi d'andare a smaltire altrove.
Se il terzo, senza esitazione,
M'ha scaraventato il nettare sul viso,
Il quarto, peggio che mai,
Si mise in cerca d'un poliziotto.
 
Perché oggigiorno è una merdata:
Se bevi con uno sconosciuto
Sei considerato un balordo!
Siamo davvero caduti in basso...
Con quella bottiglia di vino
Millesimato, benedetto, divino,
Gli sbirri si son bagnati il becco,
Un vero scandalo!

Quella povera stretta di mano
Giaceva, dimenticata per strada
Da due amici incazzati a morte.
Un po' sconcertata
Se ne stava in un fosso:
E la raccolsi senza rimorso.

M'incamminai di nuovo con l'intenzione
Di diffondere la virile effusione,
Perché è una delle peggiori perversioni che esistano
Tenersi per sé una stretta di mano.

Il primo m'ha detto, "Lèvati di 'ulo!
Mi'a mi voglio sporcà' ' guanti!"
Il secondo, con aria devota
Mi diede un millino, peraltro falso.
Se il terzo, brutto popo' di stronzo,
Mi sputò nella mano tesa,
Il quarto, peggio che mai,
Si mise in cerca d'un poliziotto.

Perché oggigiorno è una merdata:
Se stringi la mano a uno sconosciuto
Sei considerato un balordo!
Siamo davvero caduti in basso...
E quella povera stretta di mano,
Vittima di sorte inumana,
Terminò la sua carriera
Agli oggetti smarriti.

***************************************************
 
COMME HIER
d’après un poème de Paul Fort

Hé, donn'-moi ta bouche, hé, ma jolie fraise,
L'aube a mis des fraises plein notre horizon,
Garde tes dindons, moi mes porcs, Thérèse,
Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier, comme hier, comme hier!
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qu t'aim'rons,
L'un tient le couteau, l'autre la cuillère,
La vie c'est toujours les mêmes chansons.

Pour sauter l' gros sourceau de pierr' en pierre,
Comme tous les jours, mes bras t'enlev'ront,
Nos dindes et nos truies nous suivront légères,
Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier, comme hier, comme hier!
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons,
La vie, c'est toujours amour et misère,
La vie, c'est toujours les mêmes chansons.

J'ai bien de respect pour ton cœur, Thérèse,
Et pour tes dindons quand nous nous aimons,
Et quand nous fâchons, hé, ma jolie fraise,
Ne r'pouss' pas du pied mes p'tits cochons.

Va, comme hier, comme hier, comme hier!
Si tu ne m'aimes point, c'est moi qui t'aim'rons:
L'un tient le couteau, l'autre la cuillère,
La vie, c'est toujours les mêmes chansons.
 
COME IERI
da una poesia di Paul Fort
[RV]

Ehi, baciami la bocca, su, mia fragoletta,
L'alba ha infragolato il nostro orizzonte,
Guarda i tuoi taccini, e io i porci, Teresa,
E non mandar via a calci i miei maialini!

Vai, come ieri, come ieri, come ieri!
Se tu non mi ami, allora t'amerò io,
Uno ha il coltello e l'altra il cucchiaio,
La vita son sempre le stesse canzoni.

Per farti passar lo stagno pietra a pietra
Come tutti i giorni, ti prenderò in braccio:
Le scrofe ed i tacchini ci seguiran leggeri,
E non mandar via a calci i miei maialini!

Vai, come ieri, come ieri, come ieri!
Se tu non mi ami, allora t'amerò io:
La vita è sempre amore e miseria,
La vita son sempre le stesse canzoni.

Ho molto rispetto per il tuo cuore, Teresa,
E per i tuoi tacchini, quando ci amiamo,
E quando ci arrabbiamo, ehi, fragoletta,
Non mandar via a calci i miei maialini!

Vai, come ieri, come ieri, come ieri!
Se tu non mi ami, allora t'amerò io:
Uno ha il coltello, l'altra il cucchiaio,
La vita son sempre le stesse canzoni.

**************************************************

LA MESSE AU PENDU

Anticlérical fanatique,
Gros mangeur d'ecclésiastiques,
Cet aveu me coûte beaucoup
Mais ces hommes d'Eglise, hélas!
Ne sont pas tous des dégueulasses,
Témoin le curé de chez nous.

Quand la foule qui se déchaîne
Pendit un homme au bout d'une chêne
Sans forme aucune de remords,
Ce ratichon fit un scandale
Et rugit à travers les stalles,
"Mort à toute peine de mort!"

Puis on le vit, étrange rite,
Qui baptisait les marguerites
Avec l'eau de son bénitier
Et qui prodiguait les hosties,
Le pain bénit, l'Eucharistie,
Aux petits oiseaux du moutier.

Ensuite, il retroussa ses manches,
Prit son goupillon des dimanches,
Et, plein d'une sainte colère,
Il partit comme à l'offensive
Dire une grand'messe exclusive
A celui qui dansait en l'air.

C'est à du gibier de potence
Qu'en cette triste circostance
L'hommage sacré fut rendu.
Ce jour-là, le rôle du Christ,
Bonne aubaine pour le touriste,
Était joué par un pendu.

Et maintenant quand on croasse,
Nous les païens de sa paroisse,
C'est pas lui qu'on veut dépriser.
Quand on crie, "A bas la calotte",
A s'en faire péter la glotte,
La sienne n'est jamais visée.

Anticléricaux fanatiques,
Gros mangeurs d'ecclésiastiques,
Quand vous vous goinfrerez un plat
De cureton, je vous exhorte,
Camarades, à faire en sorte
Que ce ne soit pas celui-là.
 
MESSA PER L’IMPICCATO
[RV]

Anticlericale fanatico
E mangiapreti come sono,
Quest'ammissione mi costa assai,
Ma questi uomini di Chiesa, ohimé,
Non sono tutti degli stronzi:
Ne è un esempio il nostro curato.

Quando la folla si scatenò
E appese un uomo in cima a una quercia
Senz'ombra di rimorso,
Questo prete fece uno scandalo
E ruggì attraverso gli stalli:
"Morte a ogni pena di morte!"

Poi lo si vide, che strano rito,
Battezzare le sue margherite
Con l'acqua dell'acquasantiera
E dispensare le ostie.
Il pane benedetto, l'eucarestia,
Agli uccellini del monastero.

E poi si rimboccò le maniche,
Prese il suo aspersorio della festa
E, pieno di santa rabbia,
Partì come se andasse all'assalto
Per dire una messa solenne esclusiva
A quello che ballava per aria.

Ed è a un pendaglio da forca
Che in quella triste circostanza
Fu reso il sacro omaggio.
Quel giorno il ruolo di Cristo,
Fortuna insperata per il turista,
Lo faceva un impiccato.

E adesso, quando protestiamo,
Noi, i pagani della sua parrocchia,
Non è con lui che ce l'abbiamo.
Quando gridiamo "Abbasso i preti",
Fino a farci scoppiare la carotide,
Lui non è mai nel nostro mirino.

Anticlericali fanatici,
Grandi mangiapreti,
Quando vi abbufferete con un piatto
Di pretonzolo, vi esorto,
Compagni, a fare in modo
Che non sia lui.

MESSA PER L'IMPICCATO
[A]

A me, anticlericale integralista e
mangiapreti d'eccezione,
quest'ammissione costa molto, 
ma questi preti, mi tocca dirlo,
non son tutti dei luridi:
il nostro parroco lo dimostra.

Quando la folla scatenata
impiccò un uomo ad una quercia
senza provare alcun rimorso,
lui, il chiercuto, fece un macello
e ruggì attraverso gli stalli:
"Morte a ogni pena di morte!"

Poi lo si vide, strano rito,
battezzare le margherite
con l'acqua della sua pila
e prodigar le ostie,
il pane benedetto, l'eucaristia,
agli uccellini del convento.

Poi si rimboccò le maniche,
prese l'aspersorio della domenica,
e, traboccante d'una collera santa,
mosse come all'attacco
a dire una messa solenne in esclusiva
per l'uomo che danzava nell'aria.

Al pendaglio d'una forca,
in quella triste occasione,
fu offerto il sacro rito.
Quel giorno il ruolo di Cristo
- gran guadagno per i turisti -
fu interpretato da un impiccato.

E così adesso, quando noialtri pagani
della sua parrocchia brontoliamo,
non è lui che spregiamo;
quando gridiamo: "abbasso i preti!"
fino a farci scoppiare la glottide,
lui non è mai il nostro bersaglio.

Anticlericali integralisti,
mangiapreti d'eccezione,
quando farete bagordi con un piatto
di PRETONZOLO, mi raccomando,
compagni, fate in modo
che non sia lui.


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SATURNE

Il est morne, il est taciturne,
Il préside aux choses du temps,
Il porte un joli nom, Saturne,
Mais c'est un dieu fort inquiétant.

En allant son chemin morose,
Pour se désennuyer un peu,
Il joue à bousculer les roses,
Le temps tu' le temps comme il peut.

Cette saison, c'est toi, ma belle,
Qui as fait les frais de son jeu,
Toi qui a payé la gabelle,
Un grain de sel dans tes cheveux.

C'est pas vilain, les fleurs d'automne,
Et tous les poètes l'ont dit.
Je te regarde et je te donne
Mon billet qu'ils n'ont pas menti.

Viens encor', viens ma favorite,
Descendons ensemble au jardin,
Viens effeuiller la marguerite
De l'été de la Saint-Martin.

Je sais par coeur toutes tes grâces
Et, pour me les faire oublier,
Il faudra que Saturne en fasse
Des tours d'horlog' de sablier !

Et la petit' pisseus' d'en face
Peut bien aller se rhabiller.
 
SATURNO
[RV]

È cupo, è taciturno,
Presiede alle cose del tempo:
Ha un bel nome, Saturno,
Ma è un dio assai inquietante.

Andando per il suo cammino di malinconia
Per passare un po' il tempo
Si diverte a scompigliare le rose:
Il tempo ammazza il tempo come può.

In questa stagione sei tu, mia bella,
Che hai fatto le spese del suo gioco:
Hai pagato la gabella,
Un grano di sale fra i capelli.

Non sono brutti i fiori autunnali,
Tutti i poeti lo hanno detto:
Ti guardo e ti garantisco
Che non hanno affatto mentito.

Vieni ancora, vieni, mia favorita,
Scendiamo insieme nel giardino,
Vieni a sfogliare la margherita
Dell'estate di San Martino.

Conosco a memoria tutte le tue grazie
E per farmele dimenticare
Saturno ne dovrà fare
Di giri di clessidra!

E la mocciosa del palazzo accanto
Vada pure a rivestirsi.

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ALTESSE
D'après un poème de Victor Hugo

[PIERCARLO: Queste due quartine di V.Hugo misero in
crisi i migliori conoscitori di Brassens, che la musicò in pratica per 
suo uso e consumo. Venne incisa nel 1991 e fino al 1996 nessuno 
riuscì a trovare da quale opera di Hugo fosse tratta.
Ne esiste una gradevolissima incisione dei Mej Trio.


Altesse, il m' a fallu
des revers, des traverses,
De beaux soleils coupés d'effroyables averses.
Etre pauvre, étre errant, et triste, ètre cocu
Et recevoir beaucoup de
coups de pieds au cul.

Avoir des trous l'hiver à mes grègues de toile
Grelotter et pourtant, contempler les etoiles
Pour devenir, après tous
Mes beaux jours enfuis 
Le philosophe illustre et profond que je suis.

ALTEZZA
[Piercarlo]

Altezza mi dovevan capitare 
Disgrazie e rovesci
Soli splendenti interrotti da spaventosi temporali
Essere povero, vagabondo,  triste, e cornuto
E ricevere un'infinità di  calci in culo.

Avere d'inverno dei buchi nelle mie brache di tela
Battere i denti, eppure contemplare le stelle
Per diventare, dopo tutti 
i miei bei giorni passati
L'illustre e profondo filosofo che sono.

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LES AMOURS D'ANTAN

Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette :
Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...
Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,
C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,
Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...
Mon prince, on a les dam's du temps jadis qu'on peut...

Car le coeur à vingt ans se pose où l'oeil se pose,
Le premier cotillon venu vous en impose,
La plus humble bergère est un morceau de roi.
Ca manquait de marquise, on connu la soubrette,
Faute de fleur de lys, on eut la pâquerette,
Au printemps Cupidon fait flèche de tout bois...

On rencontrait la belle aux Puces, le dimanche :
"Je te plais, tu me plais..." et c'était dans la manche,
Et les grands sentiments n'étaient pas de rigueur.
"Je te plais, tu me plais... Viens donc, beau militaire..."
Dans un train de banlieue on partait pour Cythère,
On n'était pas tenu mêm' d'apporter son coeur...

Mimi, de prime abord, ne payait pas de mine,
Chez son fourreur sans doute on ignorait l'hermine,
Son habit sortait point de l'atelier d'un dieu...
Mais quand par dessus le moulin de la Galette,
Elle jetait pour vous sa parure simplette,
C'est Psyché tout entièr' qui vous sautait aux yeux.

Au second rendez-vous y'avait parfois personne,
Elle avait fait faux bond, la petite amazone,
Mais on ne courait pas se pendre pour autant...
La marguerite commencée avec Suzette,
On finissait de l'effeuiller avec Lisette
Et l'amour y trouvait quand même son content.

C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,
Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière,
Mais c'étaient mes amours, excusez-moi du peu,
Des Manon, des Mimi, des Suzon, des Musette,
Margot la blanche caille, et Fanchon la cousette,
Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut...

GLI AMORI D'UN TEMPO
[RV]

I miei amori d'un tempo erano delle storielline,
Margot la lavandaia e Fanchon la sartina...
Manco un grammo di nobiltà, e scusatemi se è poco.
Erano, mi direte, delle grazie della plebe,
Ninfe di ruscello, Veneri di fuori porta...
Principe, ognuno ha le dame d'un tempo che ha...

Perché il cuore, a vent'anni, si posa dove va lo sguardo,
La prima gonnella che incontri ti mette in soggezione,
La più umile pastorella è un boccon da re;
Mancando le marchese, abbiam conosciuto la servetta,
Mancando i fior di giglio, abbiam avuto la margheritina,
In primavera, Cupìdo fa frecce d'ogni legno...

S'incontrava la bella alle Pulci, la domenica:
"Ti piaccio, tu mi piaci....", ed era già fatta,
I grandi sentimenti non eran di rigore.
"Ti piaccio, mi piaci...vieni qua, bel soldatino..."
Si partiva per Citera col treno dei pendolari
E non s'era manco tenuti di portarsi dietro il cuore...

Mimì, a prima vista, non era certo un gran che,
Il suo pellicciaio, di certo, l'ermellino non l'aveva mai visto,
Il suo vestito non usciva davvero dall'atelier d'un dio...
Ma quando, poco sopra il Moulin de Galette,
Si levava per te il suo povero completino
Era proprio Psiche che ti balzava agli occhi.

Al secondo appuntamento, a volte, non c'era nessuno:
Ti aveva bidonato, la piccola amazzone,
Ma certo non correvamo a impiccarci per questo...
La margherita cominciata a sfogliare per Suzette
La si finiva di sfogliare con Lisette,
E l'amore ci trovava comunque soddisfazione.

Erano, mi direte, delle grazie della plebe,
Ninfe di ruscello, Veneri di fuori porta,
Ma erano i miei amori, e scusate se è poco:
Le Manon, le Mimì, le Suzon, le Musette,
Margot la lavandaia e Fanchon la sartina.
Principe, ognuno ha le dame d'un tempo che ha...

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FERNANDE

Une mani' de vieux garçon,
Moi. j'ai pris l'habitude
D'agrémenter ma solitude
Aux accents de cette chanson:

[Refrain]
Quand je pense à Fernande,
Je bande, je bande,
Quand j' pense à Felici',
Je bande aussi.
Quand je pense à Léonore,
Mon Dieu, je bande encore,
Mais quand pense à Lulu,
Là, je ne bande plus!
La bandaison, papa,
Ça n' se commande pas.

C'est cette mâle ritournelle,
Cette antienne virile,
Qui retentit dans la guérite
De la vaillante sentinelle:

[Au refrain]

Afin de tromper son cafard,
De voir la vi' moins terne,
Tout en veillant sur la lanterne
Chante ainsi le gardien de phar':

[Au refrain]

Après la prière du soir,
Comme il est un peu triste,
Chante ainsi le séminariste
A genoux sur son reposoir:

[Au refrain]

A l'Étoile, où j'étais venu
Pour ranimer la flamme,
J'entendis, ému jusqu'aux larmes,
La voix du Soldat inconnu:

[Au refrain]

Et je vais mettre un point final
A ce chant salutaire,
En suggérant aux solitaires
D'en faire un hymne national:

Quand je pense à Fernande,
Je bande, je bande,
Quand j' pense à Felici',
Je bande aussi.
Quand je pense à Léonore,
Mon Dieu, je bande encore,
Mais quand pense à Lulu,
Là, je ne bande plus!
La bandaison, papa,
Ça n' se commande pas.

FERNANDA
[RV]

Una mania da scapolone:
Mi sono abituato
Ad alleviare la mia solitudine
Cantando questa canzone:

[Ritornello]
Quando penso a Fernanda,
Mi si rizza, mi si rizza,
Quando penso a Felicia
Mi viene duro.
Quando penso a Eleonora,
Dio mio, mi tira ancora,
Ma se penso a Lulù
Non mi si rizza più.
All'erezione, vecchio mio,
Non si comanda.

È questo maschio ritornello,
Questo tormentone virile
Che risuona nella garitta
Della valente sentinella:

[Ritornello]

Per vincer la malinconia,
Per render la vita meno grigia,
Mentre bada alla lanterna
Il guardiano del faro canta così

[Ritornello]

Dopo la preghiera della sera,
Siccome si sente un po' giù,
Canta così il seminarista
In ginocchio sul suo repositorio:

[Ritornello]

All'Étoile, dov'ero andato
A ravvivare la fiamma,
Sentii, commosso fino alle lacrime,
La voce del Milite Ignoto:

[Ritornello]

E vado a metter fine
A questo canto salutare,
Suggerendo ai solitari
Di farne un inno nazionale:

Quando penso a Fernanda,
Mi si rizza, mi si rizza,
Quando penso a Felicia
Mi viene duro.
Quando penso a Eleonora,
Dio mio, mi tira ancora,
Ma se penso a Lulù
Non mi si rizza più.
All'erezione, vecchio mio,
Non si comanda.

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LE FOSSOYEUR 
  

  Dieu sait qu' je n'ai pas le fond méchant 
  Je ne souhait' jamais la mort des gens; 
  Mais si l'on ne mourait plus 
  J' crèv'rai d' faim sur mon talus, 
  J'suis un pauvre fossoyeur. 

  Les vivants croient qu' je n'ai pas d' remords 
  A gagner mon pain sur l' dos des morts; 
  Mais ça m' tracasse, et d'ailleurs 
  J' les enterre à contrecœur, 
  J' suis un pauvre fossoyeur. 

  Et plus j' lâch' la bride à mon émoi, 
  Et plus les copains s'amus'nt de moi, 
  Y m' dis'nt: "Mon vieux, par moments, 
  T'as un' figur' d'enterrement", 
  J'suis un pauvre fossoyeur. 

  J'ai beau m' dir' que rien n'est éternel, 
  J' peux pas trouver tout ça tout naturel; 
  Et jamais je ne parviens 
  A prendre la mort comme ell' vient... 
  J' suis un pauvre fossoyeur. 

  Ni vu, ni connu, brav' mort, adieu! 
  Si du fonds d' la terre on voit l' bon Dieu, 
  Dis-lui l' mal que m'a coûté 
  La dernière pelletée... 
  J'suis un pauvre fossoyeur. 
 
  IL BECCHINO 
  [RV]

  Dio sa che non sono d'animo cattivo, 
  Che non auguro mai la morte a nessuno; 
  Ma se la gente non morisse più 
  Creperei di fame sul mio mucchio di terra... 
  Sono un povero becchino. 

  I vivi credono che io non senta rimorso 
  Guadagnandomi il pane alle spalle dei morti; 
  Ma questo mi tormenta, e del resto 
  Li sotterro a malincuore, 
  Sono un povero becchino. 

  E più mi lascio prendere dall'emozione, 
  Più gli amici mi prendono per i fondelli; 
  Mi dicono, "Vecchio mio, delle volte 
  Hai una faccia da funerale"... 
  Sono un povero becchino. 

  Ho un bel dirmi che nulla è eterno, 
  Non riesco a trovarlo del tutto naturale; 
  E non riesco veramente mai 
  A prender la morte come viene... 
  Sono un povero becchino. 

  Ma chi s'è visto, s'è visto; addio, caro il mio morto! 
  Se dal fondo della terra si vede il buon Dio 
  Digli che fatica m'è costata 
  L'ultima palata di terra... 
  Sono un povero becchino.

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LA NON-DEMANDE EN MARIAGE

Ma mi', de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche,
Tant d'amoureux l'ont essayè
Qui, de leur bonheur, ont payè
Ce sacrilège...

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.

Laissons le champs libre au oiseaux,
Nous seront tous les deux priso-
nniers sur parole,
Au diable, les maîtresses queux
Qui attachent les coeurs aux queu's
Des casseroles!

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.

Vénus se fait vielle souvent,
Elle perd son latin devant
La lèchefrite
A aucun prix, moi je ne veux
Effeuiller dans le pot-au-feu
La marguerite.

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.

On leur ôte bien des attraits,
En dévoilant trop les secrets
De Mélusine,
L'encre des billets-doux pâlit
Vite entre les feuillets des li-
vres de cuisine.

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.

Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture,
La joli' pomme défendu',
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature".

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.

De servante n'ai pas besoin,
Et du mènage et de ses soins
Je t'en dispense...
Qu'en éternelle fiancée,
A la dame de mes pensées
Toujours je pense...

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas d'un parchemin.
 
NON TI CHIEDO LA MANO
[RV]

Ti prego, amore mio, non puntiamo
Alla gola di Cupido
La sua stessa freccia,
Tanti che s'amavano ci han provato
E con la loro felicità hanno pagato
Questo sacrilegio...

Ho l'onore di
Non chiederti
La mano,
Non scribacchiamoci
I nomi in calce
A una pergamena.

Lasciamo volar liberi gli uccelli,
Saremmo tutti e due
Prigionieri sulla parola,
Al diavolo le maestre di cucina
Che attaccano i cuori
Ai manici delle pentole!

E Venere, spesso, si fa vecchia,
Non ci capisce più un'acca
Davanti alla leccarda...
Neanche per tutto l'oro del mondo
Voglio sfogliare la margherita
Nella pentola della minestra.

Togliamo il più dell'attrattiva
A svelar troppo i segreti
Di Melusina,
L'inchiostro dei bigliettini d'amore
Sbiadisce subito tra i libri
Di cucina.

E può sembrar rassicurante
Conservare in fondo a un barattolo
Di marmellata
La bella mela proibita;
Ma cotta ha perso tutto
Il suo gusto naturale.

Non ho bisogno d'una serva,
E il peso delle faccende di casa
Te lo risparmio;
Come a un'eterna fidanzata
Alla donna dei miei pensieri
Io penso sempre.

Ho l'onore di
Non chiederti
La mano,
Non scribacchiamoci
I nomi in calce
A una pergamena.

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MISOGYNIE À PART

Misogynie à part, le sage avait raison :
il y a les emmerdants, on en trouve à foison,
En foule elles se pressent.
Il y a les emmerdeus's, un peu plus raffiné's,
Et puis, très nettement au-dessus du panier,
Y a les emmerderesses.

La mienne, à elle seul', sur tout's surenchérit,
Ell' relève à la fois des trois catégori's,
Véritable prodige,
Emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse itou,
Elle passe, ell' dépasse, elle surpasse tout,
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Mon Dieu, pardonnez-moi ces propos bien amers,
Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, ell' m'emmer-
de, elle abuse, elle attige.
Ell' m'emmerde et j' regrett' mes bell's amours avec
La p'tite enfant d' Mari que m'a soufflè' l'évêque,
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, et m'oblige à me cu-
rer les ongles avant de confirmer son cul,
Or, c'est pas callipyge.
Et la charitè seul' pouss' sa main résigné'
Vers ce cul rabat-joi', conique, renfrogné,
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, je le répète et quand
Ell' me tape sur le ventre, elle garde ses gants,
Et ça me désoblige.
Outre que ça dénote un grand manque de tact,
Ca n' favorise pas tellement le contact,
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerd' , quand je tombe à genoux
Pour certain's dévotions qui sont bien de chez nous
Et qui donn'nt le vertige,
Croyant l'heure venu' de chanter le credo,
Elle m'ouvre tout grand son missel sur le dos,
Ell' m'emmerde, vous dis-je.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerde, à la fornication
Ell' s'emmerde, ell' s'emmerde avec ostentation,
Ell' s'emmerde, vous dis-je.
Au lieu de s'ècrier : "Encor ! Hardi ! Hardi !"
Ell' déclam' du Claudel, du Claudel, j'ai bien dit,
Alors ça, ça me fige.

Ell' m'emmerde, ell' m'emmerd', j'admets que ce Claudel
Soit un homm' de génie, un poète immortel,
J' reconnais son prestige,
Mais qu'on aille chercher dedans son oeuvre pie,
Un aphrodisiaque, non, ça, c'est d' l'utopie !
Ell' m'emmerde, vous dis-je.
 
MISOGINIA A PARTE
[RV]

Misoginia a parte, il saggio avea ragione:
Ci son le rompiscatole, ce ne sono a vagoni,
Si pigiano come sardine;
Ci son le rompiballe, un po' più raffinate,
E poi, decisamente al più alto gradino
Ci son le rompicoglioni.

La mia donna, da solla, si staglia sopra tutte:
Incarna a un tempo stesso le tre categorie,
Ed è un vero prodigio;
Rompiscatole, rompiballe e rompicoglioni,
Lei è di più, è superiore, inarrivabile:
Me le scassa, vi dico.

Mio Dio, perdona queste parole così amare,
Me le scassa, me le scassa, me le scassa sul serio,
È un abuso, un'esagerazione;
Me le scassa e rimpiango i miei begli amori
Con la piccola Figlia di Maria che il vescovo m'ha fregato;
Me le scassa, vi dico.

Me le scassa, me le scassa! Mi devo pulir le unghie
Prima di farle la Cresima al culo,
E non è certo Venere Callipigia;
E la mia mano rassegnata è spinta solo per carità
Verso quel culo spoetizzante, conico, immusonito;
Me le scassa, vi dico.

Me le scassa, me le scassa, lo ripeto; e quando
Mi picchietta sulla pancia e non si leva i guanti,
-Cosa che mi dà una noia tremenda-,
Oltre a mostrare una grande mancanza di tatto
Non favorisce di certo il contatto;
Me le scassa, vi dico.

Me le scassa, me le scassa, quando m'inginocchio
Per certe devozioni che noi facciamo spesso
E che fan venir le vertigini,
Credendo sia ormai ora di cantare il "Credo"
Prende il messale e me lo spalanca sul groppone:
Me le scassa, vi dico.

Me le scassa, me le scassa: durante la fornicazione
Lei si rompe, si rompe con ostentazione,
Se le scassa, vi dico;
Invece di gridare, "Forza! Dacci dentro!"
Lei declama Claudel, Claudel -proprio lui-,
E questo me lo fa ammosciare.

Me le scassa, me le scassa; ammetto che 'sto Claudel
Sia un uomo di genio, un poeta immortale,
Riconosco il suo prestigio;
Ma che si vada a cercare nella sua opera divota
Un afrodisiaco, no, questa è pura utopia!
Me le scassa, vi dico.

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HEUREUX QUI COMME ULYSSE
texte de Pierre Colpi

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage,
Heureux qui, comme Ulysse, a vu son paysage
Et puis a rétrouvé, après maintes traversées
Le pays des vertes années..

Par un petit matin d'été, quand le soleil vous chante au coeur
Quel est belle la liberté,
La liberté
Quand on est mieux ici qu'ailleurs,
Quand un ami fait des bonheurs
Quel est belle la liberté
La liberté!

Avec le soleil et le vent,
Avec la pluie et le beau temps
On vivait bien contents, mon cheval, ma Provence, et moi,
Mon cheval, ma Provence, et moi.

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage,
Heureux qui, comme Ulysse, a vu son paysage
Et puis a rétrouvé, après maintes traversées
Le pays des vertes années..

Par un joli matin d'été, quand le soleil vous chante au coeur
Quel est belle la liberté,
La liberté
Quand ça en est fini des malheurs,
Quand un ami sèche vos pleurs.
Quel est belle la liberté
La liberté!

Battus du soleil et des vents 
Perdus au milieu des étangs
On vivra bien contents, mon cheval, ma Camargue, et moi,
Mon cheval, ma Camargue, et moi.

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FELICE CHI COME ULISSE
testo di Pierre Colpi
[RV]

Felice chi, come Ulisse, ha percorso il suo viaggio
Felice chi, come Ulisse, ha visto il suo paesaggio
Per ritrovare poi, dopo tante traversate
Il paese degli anni verdi...

Una mattina presto d'estate, quando il sole ti canta al cuore
Quant'è bella la libertà,
La libertà
Quando si sta meglio qui che altrove,
Quando un amico ti tratta bene
Quant'è bella la libertà,
La libertà!

Con il sole, con il vento,
Con la pioggia ed il bel tempo
Si viveva proprio bene, il mio cavallo, la mia Provenza ed io,
Il mio cavallo, la mia Provenza ed io.

Felice chi, come Ulisse, ha percorso il suo viaggio
Felice chi, come Ulisse, ha visto il suo paesaggio
Per ritrovare poi, dopo tante traversate
Il paese degli anni verdi...

Un bel mattino d'estate, quando il sole ti canta al cuore
Quant'è bella la libertà,
La libertà
Quando son finite le sventure,
Quando un amico t'asciuga il pianto
Quant'è bella la libertà,
La libertà!

Battuti dal sole e dai venti,
Perduti in mezzo alle paludi
Si vivrà proprio contenti, il mio cavallo, la mia Camargue ed io,
Il mio cavallo, la mia Camargue ed io.

********************************************************

DIEU S'IL EXISTE

Au ciel de qui se moque-t-on?
Était-ce utile qu'un orage
Vînt au pays de Jeanneton
Mettre à mal son beau pâturage?
Pour ses brebis, pour ses moutons,
Plus une plante fourragère,
Rien d'épargné que le chardon!
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Et là-dessus, méchant, glouton,
Et pas pour un sou bucolique,
Vers le troupeau de Jeanneton
Le loup sortant du bois rapplique.
Sans laisser même un rogaton,
Tout il croque, tout il digère.
Au ciel de qui se moque-t-on?
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Et là-dessus le Corydon,
Le promis de la pastourelle
Laquelle allait au Gran Pardon
Rêver d'amour intemporelles,
-Au ciel de qui se moque-t-on?-
Suivit la cuisse plus légère
Et plus belle d'une goton,
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Adieu les prairies, les moutons
Et les beaux jours de la bergère.
Au ciel de qui se moque-t-on?
Ferait-on de folles enchères?
Quand il grêle sur le persil,
C'est bête et méchant, je suggère
Qu'on en parle au prochain concile.
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

DIO SE ESISTE
[RV]

In cielo chi si piglia per il culo?
C'era bisogno che un temporale
Arrivasse al paese di Giannetta
A sconquassare il suo bel pascolo?
Per le sue pecore, i suoi montoni
Non ci sarà più il foraggio,
Non ha risparmiato nulla, a parte i cardi!
Dio, se esiste, esagera,
Esagera.

Se non bastasse, cattivo e ingordo
Ecco che arriva, uscendo dal bosco
Verso il gregge di Giannetta
Il lupo, per niente bucolico...
Senza lasciar neanche un avanzo
Divora tutto, le sbrana tutto.
In cielo chi si piglia per il culo?
Dio, se esiste, esagera,
Esagera.

E poi ancora, Coridone,
Il fidanzato della pastorella
Mentre lei andava al Giubileo
A sognar d'amori senza tempo,
-In cielo, chi si piglia per il culo?-
Andò dietro alle cosce più facili
E più belle d'una puttana,
Dio, se esiste, esagera,
Esagera.

Addio prati, addio pecore,
Giorni felici della pastorella...
In cielo, chi si piglia per il culo?
Perché impegnarsi, se non ci si fa?
Quando grandina sul prezzemolo
È stupido, stronzo, e propongo
Che se ne parli al prossimo Concilio.
Dio, se esiste, esagera,
Esagera.

*******************************************************

LE TESTAMENT

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule :
" Va-t'en voir là-haut si j'y suis. "
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil...
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil ?

S'il faut aller au cimetière,
J'prendrai le chemin le plus long,
J'ferai la tombe buissonnière,
J'quitterai la vie à reculons...
Tant pis si les croqu'-morts me grondent,
Tant pis s'ils me croient fou à lier,
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers.

Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damné's,
Je rêv' d'encore une amourette,
Je rêv' d'encor' m'enjuponner...
Encore un' fois dire : " Je t'aime "...
Encore un' fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui'est la marguerite des morts.

Dieu veuill' que ma veuve s'alarme
En enterrant son compagnon,
Et qu'pour lui fair' verser des larmes
Il n'y ait pas besoin d'oignon...
Qu'elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit :
Il pourra profiter d'mes bottes,
Et d'mes pantoufle' et d'mes habits.

Qu'il boiv' mon vin, qu'il aim' ma femme,
Qu'il fum' ma pipe et mon tabac,
Mais que jamais -- mort de mon âme ! --
Jamais il ne fouette mes chats...
Quoique je n'ai' pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S'il fouett' mes chats, y'a un fantôme
Qui viendra le persécuter.

Ici-gît une feuille morte,
Ici finit mon testament...
On a marque dessus ma porte :
" Fermé pour caus' d'enterrement. "
J'ai quitté la vi' sans rancune,
J'aurai plus jamais mal aux dents :
Me v'là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.
 

IL TESTAMENTO
[RV]

Sarò piangente come un salice
Quando il Dio che ovunque mi segue
Mi dirà, la mano sulla spalla,
"Su, va' un po' a veder se ci sono".
Allora, dovrò pur rassegnarmi
A perdere cielo e terra...
È ancora in piedi la quercia
O l'abete della mia cassa da morto?

Se si deve andare al camposanto
Farò la strada più lunga,
Farò forca alla tomba,
Morirò col passo del gambero...
Pace, se i becchini s'incazzano
O se mi crederanno fuori di testa:
Voglio partire per l'altro mondo
Prendendo un'allungatoia.

Prima d'andare a pomiciare
Con le bell'anime delle dannate,
Sogno ancora un piccolo flirt,
Sogno ancora una sbandata...
Ancora una volta dire "ti amo",
Ancora una volta perder la bussola,
Sfogliando il crisantemo
Che è la margherita dei morti.

Voglia Iddio che la mia vedova si turbi
Nel sotterrare il suo compagno,
E che per farle versare delle lacrime
Non ci vogliano le cipolle...
Che prenda in seconde nozze
Un marito della mia taglia:
Potrà servirsi dei miei stivali,
Delle ciabatte e dei miei vestiti.

Che beva il mio vino, ami la mia donna,
Fumi la mia pipa ed il mio tabacco;
Ma che mai e poi mai, porca d'una vacca,
Faccia del male ai miei gatti...
Anche se non ho manco una briciola,
Un'étte di cattiveria,
Se fa del male ai miei gatti
S'aspetti un fantasma a perseguitarlo.

Qui giace una foglia morta,
Qui finisce il mio testamento...
Hanno scritto sulla mia porta:
"Chiuso per funerale".
Senza rancore ho lasciato la vita,
Mai più avrò mal di denti:
Eccomi nella fossa comune,
la fossa comune del tempo.

*****************************************************

LES LILAS

Quand je vais chez la fleuriste,
Je n’achèt’ que des lilas....
Si ma chanson chante triste
C’est que l’amour n’est plus là.

Comm’ j’étais, en quelque sorte.
Amoureux de ces fleurs-là,
Je suis entré par la porte,
Par la porte des Lilas.

Des lilas, y en avait guère,
Des lilas, y en avait pas,
Z’étaient tous morts à la guerre,
Passés de vie à trépas.

J’suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là,
J’ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas.

J’ai marqué d’une croix blanche
Le jour où l’on s’envola,
Accrochés à une branche,
Une branche de lilas.

Pauvre amour, tiens bon la barre,
Le temps va passer par là,
Et le temps est un barbare
Dans le genre d’Attila.

Aux cœurs où son cheval passe
L’amour ne repousse pas,
Aux quatre coins de l’espace
Il fait le desert sous ses pas.

Alors, nos amours sont mortes
Envolé’s dans l’au-delà,
Laissant la clé sous la porte,
Sous la porte des Lilas.

La fauvette des dimanches,
Cell’ qui me donnait le la,
S’est perchée sur d’autres branches,
D’autres branches de lilas.

Quand je vais chez la fleuriste,
Je n’achèt’ que des lilas,
Si ma chanson chante triste,
C’est que l’amour n’est plus là.
 
I LILLÀ
[RV]

Quando vo dalla fioraia
Io non compro che lillà,
Se la mia canzone è triste
È che l'amor non è più là.

Dato ch'ero, in qualche modo,
Innamorato di quei fiori,
Dato ch'ero, in qualche modo
Innamorato di quei fiori,
Sono entrato dalla Porta,
Dalla Porta dei Lillà.

Di lillà non ce n'eran proprio,
Di lillà non ce n'era nessuno,
Eran tutti morti in guerra,
Passati tutti a miglior vita.

Ho incontrato una bellezza
Che fioriva da quelle parti,
Su di lei volli innestare
Il mio amor per i lillà.

Ho segnato con una croce bianca
Il giorno che siam volati via
Attaccati ad un ramo,
Ad un ramo di lillà.

Povero amore, tieni bene il timone,
Il tempo passerà di qua,
Ed il tempo è un barbaro
Proprio tipo Attila.

Nei cuori calpestati dal suo cavallo
L'amore non rinascerà,
Ai quattro angoli dello spazio
Fa un deserto ai suoi passi.

Allora i nostri amori son morti,
Son volati nell'aldilà,
Lasciando la chiave sotto la porta,
Sotto la Porta dei Lillà.

La capinera delle domeniche,
Quella che mi dava il la,
S'è posata su altri rami,
Su altri rami di lillà.

Quando vo dalla fioraria,
Io non compro che lillà,
Se la mia canzone è triste,
È che l'amor non è più là.

***************************************************

AU BOIS DE MON COEUR

Au bois d’ Clamart y a des petit’s fleurs,
Y a des petit’s fleurs,
Y a des copains au, au bois d’ mon cœur,
Au, au bois d’ mon cœur.

Au fond d’ ma cour j’ suis renommé
J’suis renommé
Pour avoir le cœur mal famé,
Le cœur mal famé.

Au bois d’ Vincennes y a des petit’s fleurs,
Y a des petit’s fleurs,
Y a des copains au, au bois d’ mon cœur,
Au, au bois d’ mon cœur.

Quand y a plus d’ vin dans mon tonneau,
Dans mon tonneau,
Ils n’ont pas peur de boir’ mon eau,
De boir’ mon eau.

Au bois d’ Meudon y a des petit’s fleurs,
Y a des petit’s fleurs,
Y a des copains au, au bois d’ mon cœur,
Au, au bois d’ mon cœur.

Ils m’accompagn’nt à la mairie,
A la mairie
Chaque fous que je me marie,
Que je me marie.

Au bois d’ Saint-Cloud y a des petit’s fleurs,
Y a des petit’s fleurs,
Y a des copains au, au bois d’ mon cœur,
Au, au bois d’ mon cœur.

Chaqu’ fois qu’ je meurs, fidèlement,
Fidèlement
Ils suivent mon enterrement,
Mon enterrement.

.... des petit’s fleurs....
Au, au bois d’ mon cœur...
 
NEL GIARDINO DEL MIO CUORE
[RV]

Ai giardini di Clamart ci son dei fiorellini,
Ci son dei fiorellini,
Ci son degli amici nel giardino del mio cuore,
Nel giardino del mio cuore.

In fondo al cortile sono famoso,
Sono famoso
Per avere il cuore malfamato,
Il cuore malfamato.

Ai giardini di Vincennes ci son dei fiorellini,
Ci son dei fiorellini,
Ci son degli amici nel giardino del mio cuore,
Nel giardino del mio cuore.

Se non c'è più vino nel mio barilotto,
Nel mio barilotto,
Non si vergognano a ber la mia acqua,
A ber la mia acqua.

Ai giardini di Meudon ci son dei fiorellini,
Ci son dei fiorellini,
Ci son degli amici nel giardino del mio cuore,
Nel giardino del mio cuore.

Mi seguono in Municipio,
In Municipio
Ogni volta che prendo moglie,
Che prendo moglie.

Ai giardini di Saint-Cloud ci son dei fiorellini,
Ci son dei fiorellini,
Ci son degli amici nel giardino del mio cuore,
Nel giardino del mio cuore.

Ogni volta che crepo, fedelmente,
Fedelmente
Mi vengon dietro al funerale,
Al funerale.

....ci son dei fiorellini
Nel giardino del mio cuore...

*****************************************************

ONCLE ARCHIBALD

O vous les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,
Les prophètes,
Comptez plus oncle Archibald
Pour payer les violons du bal
A vos fêtes,
A vos fêtes.

En courant sus à un voleur
Qui venait de lui chiper l'heure
A sa montre,
Oncle Archibald, coquin de sort,
Fit de sa Majesté la Mort
La rencontre,
La rencontre.

Telle un femm' de petit' vertu'
Elle arpentait le trottoir du
Cimetière,
Aguichant les homm's en troussant
Un peu plus haut qu'il n'est décent
Son suaire,
Son suaire.

Onche Archibald, d'un ton gouailleur,
Lui dit: "Va-t'en fair' pendre ailleurs
Ton squelette!
Fi des femelles décharnées!
Vive les bell's un tantinet
Rondelettes,
Rondelettes."

Lors, montant sur ses grands chevaux
La Mort brandit la longue faux
D'agronome
Qu'elle serrait dans son linceul,
Et faucha d'un seul coup, d'un seul
Le bonhomme,
Le bonhomme.

Comme il n'avait pas l'air content,
Elle lui dit: "Ça fait longtemps
Que je t'aime...
Et notre hymen à tous les deux
Était prévu depuis l' jour de
Ton baptême,
Ton baptême.

"Si tu te couches dans mes bras,
Alors la vi' te semblera
Plus facile,
Tu y seras hors de portée
Des chiens, des loups, des homm's et des
Imbéciles.
Imbéciles.

"Nul ne contestera tes droits,
Tu pourras crier: Viv' le roi!
Sans intrigue,
Si l'envi' te prend de changer,
Tu pourras crier sans danger:
Viv' la Ligue,
Viv' la Ligue!

"Ton temps de dupe est révolu,
Personne ne se payera plus
Sur ta bête,
Les «Plaît-il, maître?» auront plus cours,
Plus jamais tu n'aurais a cour-
ber la tête,
ber la tête."

Et mon oncle emboîta le pas
De la bell', qui ne semblait pas
Si féroce,
Et les voilà, bras d'ssus bras d'ssous,
Les voilà partis je n'sais où
Fair' leurs noces,
Fair' leurs noces.

O vous, les arracheurs de dents,
Tous les cafards, les charlatans,
Les prophètes,
Comptez plus oncle Archibald
Pour payer les violons du bal
A vos fêtes,
A vos fêtes.

ZIO ARCIBALDO
[RV]

O voi, cavator di denti,
Ipocriti, ciarlatani
E profeti,
Non fate più conto su zio Arcibaldo
Per pagare i sonatori alle
Vostre feste,
Vostre feste.

Mentre saltava addosso a un ladro
Che gli aveva appena rubato
L'ora all'orologio,
Zio Arcibaldo, destino infame,
S'imbattè in Sua Maestà
La Morte,
La Morte.

Come una puttana, andava avanti
E indietro per il marciapiede
Del cimitero
E adescava gli uomini sollevando
Un po' più un su della decenza
Il sudario,
Il sudario.

Zio Arcibaldo, a presa per il culo,
Le disse: "Attaccati a qualcun altro
Col tuo scheletro!
Che schifo le donne risecchite!
Viva le belle un pochettino
Rotondette,
Rotondette!"

La Morte allora s'incazzò nera
E brandì la lunga falce
Fienaia
Che stringeva sotto il sudario
E falciò d'un colpo solo
Il pover'uomo,
Il pover'uomo.

Siccome non era punto contento
Lei gli disse: "È da tanto tempo
Che ti amo,
E che ci saremmo sposati
Era previsto da quando
Tu sei nato,
Tu sei nato.

"Se t'abbandoni fra le mie braccia
Allora la vita ti apparirà
Più facile,
Qui sarai fuori dalle grinfie
Dei cani, dei lupi, degli uomini
E degli imbecilli,
imbecilli.

"Nessuno contesterà i tuoi diritti,
Potrai gridare «Viva Marx!»
Senza problemi,
E se ti vien voglia di cambiare
Potrai urlare senza timore
«Viva il Papa!
Viva il Papa!»

"Nessuno t'imbroglierà più,
Non sarai più preso
Per i fondelli,
I «Sissignore» son finiti,
Mai più dovrai
Piegare il capo,
Il capo."

E mio zio allora andò dietro
Alla bella che non pareva poi
Così tremenda,
Ed eccoli tutt'e due a braccetto,
Eccoli partiti per sposarsi
Chissà dove,
Chissà dove.

O voi, cavator di denti,
Ipocriti, ciarlatani
E profeti,
Non fate più conto su zio Arcibaldo
Per pagare i sonatori alle
Vostre feste,
Vostre feste.

***************************************************

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Dei seguenti testi presento per ora solo la traduzione italiana, in
attesa di inserire anche il testo originale

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LA PRINCIPESSA E IL MUSICANTE
(La Princesse et le Croque-Notes)
[A]

Un tempo, al posto di questi giardini,
c'era un quartiere di quelli scacini,
le sue strane topaie ed i tuguri,
resti romani neanche per un sasso.
Quanto alla fauna che vivea labbasso
eran la crema, il più puro dei fiori.

Puro fra i fiori, fiore della strada,
povera gente mendicante e brada,
nei guai soltanto i primi della lista,
buoni per nulla, di crimine l'arra,
tra loro un musicante o un musicista,
un naufrago aggrappato alla chitarra.

E quella brava gente, intenerita,
adottò una fatina, lì fiorita,
nella bassezza così densa e spessa.
Sulla sponda del fiume ritrovata,
in favolosa culla abbandonata,
come che sia fu detta principessa.

Ora una sera, Dio del ciel perdona!
sulle ginocchia sale a lui che suona,
così gli parla in un sospiro lieve,
mostrando solo un velo di rossore,
"se tu lo vuoi, tu puoi, mio solo amore,
baciarmi sulla bocca e poi, fra breve..."

"Piano, principessina, abbassa il tiro,
io, se satiro sono, a te non miro,
hai tredici anni ed io trenta suonati,
la differenza è grande e non mi aggrada
d'umida cella di provar la biada..."
"Mai saranno i segreti rivelati!"

"Non insistere, disse in un sorriso,
certo non sei il mio tipo e, poi, ti avviso,
il mio cuore a una Donna è consacrato..."
E fuggì Principessa alle parole,
e pianse Principessa alle parole,
mesta, ché la sua offerta ha rifiutato.

Non vi fu dunque abuso di minore:
il musicante del giorno all'albore
quatto quatto fuggì con il suo canto
degli stracciai sul carro, strimpellando.
Dopo vent'anni di là ripassando
quel che sentì fu il morso del rimpianto.

******************************************************

I PATRIOTI
(Les Patriotes)
[A]

Gli invalidi da noi, il rovescio della medaglia, per loro,
non è di non essere più in grado di andar dietro alle ragazze, perdio,
ma di non poter più tornare sul campo di battaglia.
Il ramo d'ulivo non è il nostro simbolo, no!

Ciò che, soprattutto, i nostri ciechi rimpiangono
non è di non poter "rifarsi gli occhi", perdio,
ma di non poter più gettar l'occhio sul Tricolore.
La linea blu dei Vosgi sarà sempre il nostro orizzonte.

E se i sordi, da noi, sono malinconici
non è perché non sono più capaci di udire le Sirene, perdio,
ma perché non possono più udire, quando passa la banda,
l'eco dei tamburi, delle chiarine e della tromba.

Ed i muti di qui, quel che li angoscia,
non è non poter sussurrare parole d'amore, perdio,
ma non poter più intonare in coro la Marsigliese.
Le canzoni di guerra sono le uniche che intoniamo!

Ciò che inasprisce lo spirito dei monchi delle nostre parti,
non è non poter pizzicare le chiappe, perdio,
ma non poter più fare il saluto militare.
Mai useremo il nostro braccio per la mano morta!

E ciò che fa sentire inutili i nostri storpi
non è il fatto che non possono correr la cavallina, perdio,
ma il non poter partecipare ad un attacco.
Sogniamo Rosalia, la baionetta, e non Ninetta!

Quel che manca agli amputati di ciò di cui li dotarono i loro genitori,
non è non poter più amare le loro donne, perdio,
ma di non poter più dar sciabolate alle belle nemiche.
La colomba della pace noi la prepariamo con le cipolline!

I nostri morti, infine, se le loro sono in pena,
non è perché non possono morire d'amore, perdio,
ma perché si sono giocati la possibilità di essere uccisi la
prossima volta.
Sul monumento ai Caduti ciascuno sogna di vedere inciso il proprio nome!
 
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