Georges Brassens nei NG italiani - Parte 2
GEORGES BRASSENS NEI NEWSGROUP ITALIANI - PARTE 2


Dato che la sezione originale dedicata a Georges Brassens è oramai
esaurita in ogni suo ordine di posti, si è resa necessaria la compilazione
di una seconda sezione. Le traduzioni del "trio" Joëlle Iannicelli-Alex-
Venturi proseguono a ritmo incessante...



LES OISEAUX DE PASSAGE
D'après un poème de Jean Richepin

Oh! vie heureuse des bourgeois; qu'Avril bourgeonne 
Ou que Décembre gèle, ils sont fiers et contents. 
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne 
Ça lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps. 

Ce dindon a toujours béni sa destinée 
Et quand vient le moment de mourir il faut voir 
Cette jeune oie en pleurs; c'est là que je suis née 
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. 

Elle a fait son devoir, c'est à dire que oncques 
Elle n'eut de souhaits impossibles, elle n'eut 
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque 
l'emportant sans rameur sur un fleuve inconnu. 

Et tous sont ainsi faits; vivre la même vie 
Toujours, pour ces gens là, cela n'est point hideux 
Ce canard n'a qu'un bec et n'eut jamais envie 
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux. 

Ils n'ont aucun besoin de baisers sur les lèvres, 
Et loin des songes vains, loins des soucis cuisants 
Possèdent pour tout coeur un viscère sans fièvre, 
Un coucou régulier et garanti dix ans. 

Oh! les gens bienheureux. Tout à coup, dans l'espace 
Si haut qu'il semble aller lentement un grand vol 
En forme de triangle arrive, plane et passe 
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol ! 

Regardez les passer. Eux, ce sont les sauvages 
Ils vont où leur désir le veut par dessus monts 
Et bois et mer et vent et loin des esclavages 
L'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons. 

Regardez les, avant d'atteindre sa chimère, 
Plus d'un l'aile rompue et du sang plein les yeux 
Mourra; Ces pauvres gens ont aussi femme et mère, 
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux. 

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère 
Ils pouvaient devenir volaille comme vous, 
Mais ils sont avant tout des fils de la Chimère 
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous. 

Regardez les, vieux coqs, jeunes oies édifiantes 
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux 
Et le peu qui viendra d'eux à vous c'est leur fiente 
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

GLI UCCELLI DI PASSO
Da una poesia di Jean Richepin
[RV]

Vita felice dei borghesi! Nello sbocciar d'aprile
O nel gelo dicembrino, sono fieri e contenti.
Il piccione è in amore tre giorni con la femmina,
Gli basta. Sa che per l'amore non esiste che un tempo.

Il tacchino ha sempre benedetto il suo destino,
E quando arriva l'ora di morire, guardate
Quest'ochetta in lacrime; è qui che sono nata,
Muoio accanto a mia madre, ho fatto il mio dovere.

L'ha fatto, il suo dovere; vale a dire che mai
Ha avuto un desiderio impossibile, mai
Ha sognato la luna, mai ha voluto una giunca
Che per un fiume ignoto la portasse senza remi.

E son tutti così; viver la stessa vita, sempre,
Per questa gente non è affatto vergognoso.
Quest'anatra non ha che un becco, e mai
Ha voluto non averne, oppure averne due.

Nom hanno alcun bisogno di baci sulle labbra,
E lungi da vani sogni, da pene ardenti
Hanno per cuore un intestino a posto,
Un cucù regolare garantito dieci anni.

Oh, che gente felice! D'improvviso, nello spazio,
Così in alto da parer lento, un ampio volo
In forma di triangolo arriva, plana e passa...
Dove vanno? Chi sono? Come son lontani da terra!

Guardateli passare! Sono loro, i selvaggi
Che vanno dove vogliono, e passan monti,
Foreste, il mare, il vento! Via dalla schiavitù!
L'aria che bevono vi farrebbe scoppiare i polmoni.

Guardateli! Prima di raggiunger la loro chimera
Molti, con le ali rotte e gli occhi pieni di sangue,
Moriranno. Anche loro hanno un padre e una madre,
E li sanno amare come e meglio di voi.

Per vezzeggiare una moglie o nutrire una madre
Potevan divenire del pollame come voi;
Ma son sopratutto figli d'una Chimera,
Assetati d'azzurro, poeti, folli.

Guardateli, vecchi galli e ochette tutte perbene!
Nulla che avete potrà mai salire tanto in alto;
Ed il poco che avrete da loro, è la merda;
I borghesi hanno a male di veder passare i pezzenti.

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LE PETIT JOUEUR DE FLÛTEAU

Le petit joueur de flûteau
Menait la musique au château
Pour la grâce de ses chansons
Le roi lui offrit un blason
Je ne veux pas être noble
Répondit le croque-note
Avec un blason à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Et mon pauvre petit clocher
Me semblerait trop bas perché
Je ne plierais plus les genoux
Devant le bon Dieu de chez nous
Il faudrait à ma grande âme
Tous les saints de Notre-Dame
Avec un évêque à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Et la chambre où j'ai vu la jour
Me serait un triste séjour
Je quitterai mon lit mesquin
Pour une couche à baldaquin
Je changerais ma chaumière
Pour une gentilhommière
Avec un manoir à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Je serai honteux de mon sang
Des aïeux de qui je descends
On me verrait bouder dessus
La branche dont je suis issu
Je voudrais un magnifique
Arbre généalogique
Avec du sang bleu a la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Je ne voudrais plus épouser
Ma promise, ma fiancée
Je ne donnerais pas mon nom
A une quelconque Ninon
Il me faudrait pour compagne
La fille d'un grand d'Espagne
Avec un' princesse à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Le petit joueur de flûteau
Fit la révérence au château
Sans armoiries, sans parchemin
Sans gloire il se mit en chemin
Vers son clocher, sa chaumine
Ses parents et sa promise
Nul ne dise dans le pays
Le joueur de flûte a trahi
Et Dieu reconnaisse pour sien
Le brave petit musicien

IL PICCOLO PIFFERAIO
[RV]

Il piccolo pifferaio
Andava a sonare al castello;
Per la grazia delle sue canzoni
Il Re gli offrì un blasone.
"Non voglio esser nobile",
Rispose il musicante,
"Con una chiave blasonata
Il mio « la » s'insuperbirebbe,
E in tutto il paese si direbbe
Che il pifferaio è un traditore.

"E il mio povero campaniletto
Mi parrebbe male in arnese,
Non m'inginocchierei più
Per pregare il buon Dio di noialtri.
La mia grand'anima avrebbe bisogno
Di tutti i santi di Notre-Dame;
Con una chiave vescovile
Il mio « la » s'insuperbirebbe,
E in tutto il paese si direbbe
Che il pifferaio è un traditore.

"E la camera dove son nato
Mi parrebbe un ben triste soggiorno!
Dovrei lasciare il mio lettuccio
Per un gran baldacchino
E cambiar la mia baracca
Con una villa gentilizia;
Con una chiave incastellata
Il mio « la » s'insuperbirebbe,
E in tutto il paese si direbbe
Che il pifferaio è un traditore. [*]

"Mi vergognerei del mio sangue
E degli avi da cui discendo,
Mi si vedrebbe imbronciarmi
Per il ramo da cui son nato.
Vorrei invece un magnifico
Albero geneaologico;
Con una chiave di sangue blu
Il mio « la » s'insuperbirebbe,
E in tutto il paese si direbbe
Che il pifferaio è un traditore.

"Non vorrei più sposare
La mia promessa, la mia fidanzata
E non darei certo il mio nome
A una Ninetta qualsiasi!
Per compagna mi ci vorrebbe
La figlia d'un Grande di Spagna;
Con una chiave imprincipessata
Il mio « la » s'insuperbirebbe,
E in tutto il paese si direbbe
Che il pifferaio è un traditore."

Il piccolo pifferaio fece
Una riverenza al castello;
Senza stemmi, senza pergamene
E senza gloria s'incamminò
Verso il suo campanile e la sua baracca,
I suoi genitori e la sua ragazza...
Nessuno dica in paese
Che il pifferaio è un traditore,
E Dio riconosca tra i suoi
Il bravo piccolo musicista!

[*] Questa strofa è assente da molte versioni registrate da Brassens.

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LE GRAND CHÊNE

Il vivait au dehors des chemins forestiers,
Ce n'était nullement un arbre de métier,
Il n'avait jamais vu l'ombre d'un bûcheron
Ce grand chêne fier sur son tronc.

Il eût connu des jours filés d'or et de soie
Sans ses proches voisins, les pires gens qui soient,
Des roseaux mal pensant, pas même des bambous,
S'amusant è le mettre à bout.

Du matin jusqu'au soir ces petits rejetons,
Tout juste cann's à pèch', à peine mirlitons
Lui tournant tout autour chantaient in extenso
L'histoire du chêne et du roseau.

Et, bien qu'il fût en bois, les chênes, c'est courant,
La fable ne le laissait pas indifférent,
Il advint que, lassé d'être en butte aux lazzi,
Il se résolut à l'exil.

A grand-peine il sortit ses grands pieds de son trou
Et partit sans se retourner ni peu, ni prou.
Mais, moi qui l'ai connu, je sais bien qu'il souffrit
De quitter l'ingrate patri'.

A l'oré' des forêts, le chêne ténébreux
A lié connaissance avec deux amoureux:
"Grand chêne, laisse-nous sur toi graver nos noms..."
Le grand chêne n'a pas dit non.

Quand ils eur'nt épuisé leur grand sac de baisers,
Quand, de tant s'embrasser, leurs becs furent usés,
Ils ouïrent alors, en retenant des pleurs,
Le chêne contant ses malheurs.

"Grand chêne, viens chez nous, tu trouveras la paix,
Nos roseaux savent vivre e n'ont aucun toupet,
Tu feras dans nos murs un aimable séjour,
Arrosé quatre fois par jour."

Cela dit tous les trois se mirent en chemin,
Chaque amoureux tenant une racine en main.
Comme il semblait content! Comme il semblait heureux
Le chêne entre ces amoureux!

Au pied de leur chaumière ils le firent planter,
Ce fut alors qu'il commença de déchanter,
Car, en fait d'arrosage, il n'eut rien que la plui',
Des chiens levant la patte sur lui.

On a pris tous ses glands pour nourrir les cochons,
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons;
Chaque fois qu'un un arrêt de mort était rendu,
C'est lui qui héritait du pendu.

Puis ces mauvaises gens, vandales accomplis,
Le coupèrent en quatre et s'en firent un lit,
Et l'horrible mégère ayant des tas d'amants,
Il vieillit prématurément.

Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
Le passa par la hache et le mit dans le feu.
Comme du bois de caisse, amère destinée,
Il périt dans la cheminée.

Le curé de chez nous, petit saint besogneux,
Doute que sa fumé' s'élève jusqu'à Dieu.
Qu'est-c'qu'il en sait, le bougre, et qui donc lui a dit
Qu'y a pas de chêne en paradis,
Qu'y a pas de chêne en paradis?

LA GRANDE QUERCIA
[RV]

Viveva lontano dai sentieri boschivi,
E non era certo un albero da cantiere;
Mai aveva visto l'ombra d'un taglialegna
Quella gran quercia fiera sul suo tronco.

Avrebbe vissuto giorni intessuti d'oro e di seta
Solo se non avesse avuto dei pessimi vicini:
Canne malpensanti, neppure dei bambù,
Che si divertivano a dileggiarla.

Dal mattino alla sera, quei piccoli virgulti,
A malapena canne da pesca o zufoli,
Le giravano intorno e le cantavan tutta
La storia della canna e della quercia.

E anche se era di legno, come lo son querce,
La favola non la lasciava certo indifferente.
E un giorno, stanca d'esser derisa
Si decise all'esilio.

Con fatica tirò fuori i suoi gran piedi dalla buca
E se ne andò senza mai voltarsi indietro;
Ma io, che l'ho conosciuta, so bene che soffrì
Nel lasciare l'ingrata patria.

Sul limitar dei boschi, la quercia tenebrosa
Fece conoscenza di due innamorati.
"Grande quercia, facci incider su di te i nostri nomi..."
E la grande quercia non disse di no.

Quand'ebbero finito la loro scorta di baci,
Quando si furon consumate le labbra,
Allora la udirono trattenere la lacrime
E raccontare le sue sventure.

"Grande quercia, vieni con noi! La pace troverai!
Le nostre canne sonno vivere e non sono arroganti;
Fra le nostre mura farai un piacevole soggiorno
E sarai innaffiata quattro volte al giorno."

Ciò detto, s'incamminaron tutti e tre,
Ciascun innamorato tenendo per la mano una radice.
Come sembrava contenta! Come sembrava felice
La quercia tra i suoi innamorati!

Ai piedi della loro capanna la fecero piantare
E fu allora che cominciò la disillusione:
Ad annaffiarla veniva soltanto la pioggia
E i cani che alzavan la zampa su di lei.

Le sue ghiande le han prese per darle ai maiali,
Con il suo sughero ci han fatto dei tappi;
Ogni volta che veniva emessa una condanna a morte
Era a lei che toccava l'impiccato.

Poi quella gentaglia, vandali perfetti,
La tagliarono in quattro e ne fecero un letto;
E siccome quella strega era piena d'amanti,
La quercia invecchiò prima del tempo.

Infine, un triste giorno, quella coppia di balordi
La passò per la scure e la gettò nel fuoco;
Amaro destino! Come legna da cassetta
Perì dentro al caminetto.

Il prete del paese, santicello bisognoso,
Non crede che il suo fumo s'innalzi fino a Dio.
Che ne sa quell'individuo, e chi glielo ha detto
Che non ci sono querce in paradiso,
Che non ci sono querce in paradiso?

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LA COMPLAINTE DES FILLES DE JOIE

Bien que ces vaches de bourgeois
Les appell'nt des filles de joie
C'est pas tous les jours qu'ell's rigolent
Parole, parole
C'est pas tous les jours qu'elles rigolent

Car, même avec des pieds de grues
Fair' les cents pas le long des rues
C'est fatigant pour les guibolles
Parole, parole
C'est fatigant pour les guibolles

Non seulement ell's ont des cors
Des oeils-de-perdrix, mais encor
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles
Parole, parole
C'est fou ce qu'ell's usent de grolles

Y'a des clients, y'a des salauds
Qui se trempent jamais dans l'eau
Faut pourtant qu'elles les cajolent
Parole, parole
Faut pourtant qu'elles les cajolent

Qu'ell's leur fassent la courte échelle
Pour monter au septième ciel
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent
Parole, parole
Les sous, croyez pas qu'ell's les volent

Ell's sont méprisées du public
Ell's sont bousculées par les flics
Et menacées de la vérole
Parole, parole
Et menacées de la vérole

Bien qu'tout' la vie ell's fass'nt l'amour
Qu'ell's se marient vingt fois par jour
La noce est jamais pour leur fiole
Parole, parole
La noce est jamais pour leur fiole

Fils de pécore et de minus
Ris par de la pauvre Vénus
La pauvre vieille casserole
Parole, parole
La pauvre vieille casserole

Il s'en fallait de peu, mon cher
Que cett' putain ne fût ta mère
Cette putain dont tu rigoles
Parole, parole
Cette putain dont tu rigoles

IL LAMENTO DELLE RAGAZZE DI VITA
[A]

IL LAMENTO DELLE RAGAZZE DI VITA

Anche se quelle merde delle persone perbene
le chiamano ragazze allegre,
loro non stanno tutti i giorni a spassarsela,
ve l’assicuro,
loro non stanno tutti i giorni a spassarsela.

Perché, i piedi di gru anche a averceli davvero*,
fare avanti e indietro per la strada,
è dura per le gambe,
ve l’assicuro,
è dura per le gambe.

Non solo c’hanno i calli
e gli occhi di pernice**, ma in più
è incredibile quante ne fanno fuori di scarpe,
ve l’assicuro,
è incredibile quante ne fanno fuori di scarpe.

Ci stanno dei clienti, ci stanno dei fetenti,
che non ci si mettono mai ammollo nell’acqua,
eppure a loro gli tocca coccolarseli,
ve l’assicuro,
eppure a loro gli tocca coccolarseli.

Gli tocca fargli da scaletta
per salire al settimo cielo;
i soldi, loro, crediate mica che se li rubino,
ve l’assicuro,
i soldi, loro, crediate mica che se li rubino.

Sono disprezzate dalla gente,
strattonate dagli sbirri,
e minacciate dalla sifilide,
ve l’assicuro,
e minacciate dalla sifilide.

Anche se per tutta la vita fanno l’amore,
anche se trovan marito venti volte al giorno,
a quelle nozze non si divertono mai,
ve l’assicuro,
a quelle nozze non si divertono mai.

Figlio di un’oca e di un coglione,
c’hai poco ridere della povera ‘Venere’,
del povero vecchio tegame,
te l’assicuro,
del povero vecchio tegame.

Poco c’è mancato, carino,
che questa puttana fosse tua madre,
questa puttana che tu sbeffeggi,
te l’assicuro,
questa puttana che tu sbeffeggi.

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LE NOMBRIL DES FEMMES D'AGENTS

Voir le nombril d'la femm' d'un flic
N'est certain'ment pas un spectacle
Qui, du point d'vue de l'esthétiqu'
Puiss' vous élever au pinacle
Il y eut pourtant, dans l'vieux Paris
Un honnête homme sans malice
Brûlant d'contempler le nombril
D'la femm' d'un agent de police

"Je me fais vieux, gémissait-il
Et, durant le cours de ma vie
J'ai vu bon nombre de nombrils
De toutes les catégories
Nombrils d'femm's de croqu'-morts, nombrils
D'femm's de bougnats, d'femm's de jocrisses
Mais je n'ai jamais vu celui
D'la femm' d'un agent de police"

"Mon père a vu, comm' je vous vois
Des nombrils de femm's de gendarmes
Mon frère a goûté plus d'une fois
D'ceux des femm's d'inspecteurs les charmes
Mon fils vit le nombril d'la souris
D'un ministre de la Justice
Et moi, j'n'ai même pas vu l'nombril
D'la femm' d'un agent de police"

Ainsi gémissait en public
Cet honnête homme vénérable
Quand la légitime d'un flic
Tendant son nombril secourable
Lui dit: "Je m'en vais mettre fin
A votre pénible supplice
Vous fair' voir le nombril enfin
D'la femm' d'un agent de police"

"Alleluia ! fit le bon vieux
De mes tourments voici la trêve !
Grâces soient rendues au Bon Dieu
Je vais réaliser mon rêve !"
Il s'engagea, tout attendri
Sous les jupons d'sa bienfaitrice
Braquer ses yeux sur le nombril
D'la femm' d'un agent de police

Mais, hélas ! il était rompu
Par les effets de sa hantise
Et comme il atteignait le but
De cinquante ans de convoitise
La mort, la mort, la mort le prit
Sur l'abdomen de sa complice
Il n'a jamais vu le nombril
D'la femm' d'un agent de police

'R BELLÌO DELLE SPOSE DE' VIGILI
[RV; versione in dialetto livornese]

Vedé' 'r bellìo alla sposa d'un vigile,
Dé, unn'è propio 'no spettàolo
'E dar punto di vista 'stètïo
Vi faccia andà' ar settimo cielo...
Però ci fu nella Livorno vecchia
Un brav'òmo 'e, senza malizzia,
'N ce la faceva a stà' senza vedé'
'R bellìo alla sposa d'un vigile.

" 'Un zo' più giovane", frignava,
"E in tutta la mi' vita
N'ho visti 'na cèa di bellìi
Di tutte le 'ategorie,
Bellìi di spose di becchini,
Di 'arbonai, di testedi'àzzo,
Ma però 'un l'ho visto mai
Alla sposa d'un vigile urbano.

"Mi' pa' ha visto, dio sagrato,
'R bellìo a spose di 'arabinieri,
'R mi' fratello s'è stioccào 'r labbro
'Or bellìo delle spose di 'ommissari;
'R mi' figliolo, dé, l'ha visto alla ganza
D'un Ministro di Grazzia e Giustizzia;
E io, 'un l'ho manco mai visto
Alla sposa d'un vigile urbano."

Così bubava davant' a tutti
Quer venerabile brav'òmo,
Quando la moglie d'un vigile
'N'offrì 'r zu' bellìo pe' compassione:
'Ni disse: "Dé, 'n ze ne pò' più
Di 'vesto penoso supplizzio,
Dé, ora 'vardàtelo 'r bellìo
D'una sposa d'un vigile urbano."

"Uimmèna!", scramò 'r vecchio,
"Ecco la fine de' mi' tormenti!
Sia resa grazzia ar' Padreterno,
'Olé! R mi' sogno si realizza!"
E s'infilò tutt'ammodino
Nella sottana di 'vella zòtta
A mangiàssi 'oll'occhi 'r bellìo
Della sposa d'un vigile urbano.

Budellodèva, 'un ne poteva
Più di 'vella su' ossessione!
E propio 'vando era lì lì, dopo
Cinquant'anni 'e sbavava
'Ni prese 'n córpo, boia dé,
Sopra la pancia della su' 'òmplice!
Quer poeròmo 'un ce l'ha fatta
A vedé' 'r bellìo alla sposa d'un vigile.

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LES FUNERAILLES D'ANTAN

Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain
De bonne grâce ils en f'saient profiter les copains
« Y'a un mort à la maison, si le coeur vous en dit
Venez l'pleurer avec nous sur le coup de midi... »
Mais les vivants aujourd'hui n'sont plus si généreux
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux
C'est la raison pour laquell', depuis quelques années
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez

Mais où sont les funéraill's d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères
Qui suivaient la route en cahotant
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères
Quand les héritiers étaient contents
Au fossoyeur, au croqu'-mort, au curé, aux chevaux même
Ils payaient un verre
Elles sont révolues
Elles ont fait leur temps
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres
On ne les r'verra plus
Et c'est bien attristant
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans

Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert
Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert
Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin
D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin
L'autre semain' des salauds, à cent quarante à l'heur'
Vers un cimetièr' minable emportaient un des leurs
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s'aperçut qu'le mort avait fait des petits

Mais où sont les funéraill's d'antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères
Qui suivaient la route en cahotant
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères
Quand les héritiers étaient contents
Au fossoyeur, au croqu'-mort, au curé, aux chevaux même
Ils payaient un verre
Elles sont révolues
Elles ont fait leur temps
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres
On ne les r'verra plus
Et c'est bien attristant
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans

Plutôt qu'd'avoir des obsèqu's manquant de fioritur's
J'aim'rais mieux, tout compte fait, m'passer de sépultur'
J'aim'rais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où
Et même, à la grand' rigueur, ne pas mourir du tout
O, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu
Les gens avaient à coeur d'mourir plus haut qu'leur cul
Les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul.

I FUNERALI D'UN TEMPO
[RV]

Un tempo, i parenti dei morti vi mettevano in ballo
E facevan volentieri partecipare gli amici:
"C'è un morto in casa, e se vi fa piacere
Venite a piangerlo con noi quando batte mezzogiorno..."
Ma, oggi, i vivi non son più tanto generosi,
Quando hanno un morto, se lo tengon per sé;
È per questo motivo che, da qualche anno,
Un sacco di funerali vi passan sotto il naso.

Ma dove sono i funerali d'un tempo?
I piccoli cata, cata, cata, catafalchi
Dei nostri nonni
Che seguivan la strada a balzelloni,
I piccoli cada, cada, cada, cadaveri
Paffuti e prosperi,
Quando gli eredi eran contenti
E offrivano un bicchiere
Al becchino, al necroforo, al prete e persino ai cavalli...
Son ormai finite,
Han fatto il loro tempo
Le belle pom, pom, pom, pom, pompe funebri,
Non le vedremo mai più,
Ed è davvero triste,
Le belle pompe funebri dei nostri vent'anni.

Ora, le autofunebri a tomba spalancata
Portano i cari estinti fino a casa del diavolo;
I poveretti non han più nemmeno il piacere infantile
Di veder gli eredi fregati pestar la merda di cavallo.
La settimana passata, due stronzi a 140 all'ora
Portavano uno dei loro a un cimitero del cazzo,
Quando sono andati a schiantarsi in un albero bello duro
Ci si è accorti che il morto aveva figliato.

Ma dove sono i funerali d'un tempo?
I piccoli cata, cata, cata, catafalchi
Dei nostri nonni
Che seguivan la strada a balzelloni,
I piccoli cada, cada, cada, cadaveri
Paffuti e prosperi,
Quando gli eredi eran contenti
E offrivano un bicchiere
Al becchino, al necroforo, al prete e persino ai cavalli...
Son ormai finite,
Han fatto il loro tempo
Le belle pom, pom, pom, pom, pompe funebri,
Non le vedremo mai più,
Ed è davvero triste,
Le belle pompe funebri dei nostri vent'anni.

Piuttosto che aver delle esequie spoglie e senza addobbi
Vorrei, tutto sommato, fare a meno d'esser sepolto,
Vorrei morire in acqua, nel fuoco, dove vi pare,
E perfino, a rigore, vorrei non morire affatto..!
Che torni il tempo dei morti gonfi d'orgoglio,
L'epoca dei "Che m'hai visto nella mia bella cassa?",
In cui, anche se si spendeva tutto fino all'ultimo quattrino,
La gente ci teneva a fare il trapasso più lungo della gamba.

******************************************************

PÉNÉLOPE

Toi l'épouse modèle, le grillon du foyer,
toi qui n'a point d'accroc dans ta robe de mariée,
toi l'intraitable Pénélope,
en suivant ton petit bonhomme de bonheur
ne berces-tu jamais, en tout bien, tout honneur,
de jolies pensées interlopes?

Derrière tes rideaux, dans ton juste milieu,
en attendant le retour d'un Ulysse de banlieue,
penchée sur tes travaux de toile,
les soirs de vague à l'âme et de mélancolie
n'as tu jamais en rêve au ciel d'un autre lit
compté de nouvelles étoiles?

N'as-tu jamais encore appelé de tes vœux
l'amourette qui passe, qui vous prend aux cheveux,
qui vous compte des bagatelles,
qui met la marguerite au jardin potager,
la pomme défendue aux branches du verger,
et le désordre à vos dentelles?

N'as-tu jamais souhaité de revoir en chemin
cet ange, ce démon qui, son arc à la main,
décoche des flèches malignes,
qui rend leur chair de femme aux plus froides statues,
les bascul(e) de leur socle, bouscule leur vertu
arrache leur feuille de vigne?

N'aie crainte que le ciel ne t'en tienne rigueur,
il n'y a vraiment pas là de quoi fouetter un cœur
qui bat la campagne et galope!
C'est la faute commune et le péché véniel,
c'est la face cachée de la lune de miel,
et la rançon de Pénélope.

PENELOPE
[A]

Tu la moglie modello, il grillo della casa,
tu che non hai uno strappo nella veste da sposa,
Penelope casta e severa,
tu non l’hai mai cullata – fedele a tuo marito
e alla gioia minuta, certo non l’hai tradito! –
un’idea sconcia, la sera?

E dietro le tendine, pura ed equilibrata,
aspetti che ritorni l’Ulisse di borgata,
chinata filando la tela,
nelle sere di noia, tuo languido destino,
tu non l’hai mai contate su un altro baldacchino
le stelle che il pudore cela?

Tu non l’hai mai invocato, nei tuoi pensieri belli,
il putto dispettoso che t’afferra i capelli,
sussurra dolcissimi frizzi,
tra le scialbe verdure mette la margherita,
sui rami del frutteto la mela proïbita,
ed a soqquadro i tuoï pizzi?

Non l’hai mai vagheggiato trovarlo sul cammino,
quell’angelo malvagio, arciere sopraffino,
che scocca il suo dardo lubrico,
alle più fredde statue ridona il sentimento,
ne scuote la virtù le mette in movimento,
che strappa la foglia di fico.

Non temere che il cielo ti mostri il suo rigore,
non è per certe cose che si fustiga un cuore
che vola e galoppa distratto!
E’ peccato comune e colpa senza fiele,
è la faccia nascosta della luna di miele,
Penelope, il tuo riscatto!

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LE MAUVAIS SUJET REPENTI

Elle avait la taill' faite au tour,
Les hanches pleines, Et chassait l' mâle aux alentours
De la Mad'leine...
A sa façon d' me dir' : "Mon rat,
Est-c' que j' te tente ?"
Je vis que j'avais affaire à
Un' débutante...

L'avait l' don, c'est vrai, j'en conviens,
L'avait l' génie,
Mais sans technique, un don n'est rien
Qu'un' sal' manie...
Certes, on ne se fait pas putain
Comme on s' fait nonne.
C'est du moins c' qu'on prêche, en latin,
A la Sorbonne...

Me sentant rempli de pitié
Pour la donzelle,
J' lui enseignai, de son métier,
Les p'tit's ficelles...
J' lui enseignai l' moyen d' bientôt
Faire fortune,
En bougeant l'endroit où le dos
R'ssemble à la lune...

Car, dans l'art de fair' le trottoir,
Je le confesse,
Le difficile est d' bien savoir
Jouer des fesses...
On n' tortill' pas son popotin
D' la mêm' manière,
Pour un droguiste, un sacristain,
Un fonctionnaire...

Rapidement instruite par
Mes bons offices,
Elle m'investit d'une part
D' ses bénéfices...
On s'aida mutuellement,
Comm' dit l' poète.
Ell' était l' corps, naturell'ment,
Puis moi la tête...

Un soir, à la suite de
Manoeuvres douteuses,
Ell' tomba victim' d'une
Maladie honteuses...
Lors, en tout bien, toute amitié,
En fille probe,
Elle me passa la moitié
De ses microbes...

Après des injections aiguës
D'antiseptique,
J'abandonnai l' métier d' cocu
Systématique...
Elle eut beau pousser des sanglots,
Braire à tu'-tête,
Comme je n'étais qu'un salaud,
J' me fis honnête...

Sitôt privé' de ma tutell',
Ma pauvre amie
Courrut essuyer du bordel
Les infamies...
Paraît qu'ell' s' vend même à des flics,
Quell' décadence !
Y'a plus d' moralité publiqu'
Dans notre France...

IL MASCALZONE PENTITO
[RV]

Di vita era ben messa,
Aveva i fianchi pieni,
Cacciava i maschi proprio vicino
Alla Madeleine...
Dal modo in cui mi disse, "Bel fico,
Che t'arrapo?"
Capii che avevo a che far con
Una debuttante.

Aveva stoffa, è vero, certo,
Ci era portata;
Ma senza tecnica un dono è solo
Una sporca mania...
Beh, diventar puttana non è
Come farsi monaca;
Almeno così predicano, in latino,
Alla Sorbona...

Sentendomi assai impietosito
Per la fanciulla,
Le insegnai tutti i trucchetti
Del mestiere...
Le insegnai come far
Presto fortuna
Muovendo quella parte della schiena
Somigliante alla luna...

Perché nell'arte peripatetica,
Lo confesso,
Il difficile sta nel saper bene
Giocar di chiappe...
Non si sculetta certo
Allo stesso modo
Per un pizzicagnolo, un sacrestano
O un impiegato...

Presto addestrata grazie al mio
Interessamento,
Lei mi passava una parte
Dei suoi guadagni...
Ci s'aiutò a vicenda,
Come dice il poeta:
Naturalmente, lei era il corpo
E io la mente...

Una sera, a seguito 
Di cose un po' strane,
Cadde vittima d'una
Malattia vergognosa...
Allora, onestamente, da buona amica
E da ragazza seria,
Lei mi passò la metà
Dei suoi microbi...

Dopo delle punture terrificanti
D'antisettico
Mi toccò lasciare il mestiere di becco
Sistematico...
Ed ebbe a piangere, lei,
Frignare a squarciagola;
Da farabutto che ero
Diventai onesto...

Una volta privata della mia tutela,
La mia povera amica
Corse a bersi l'infame calice
Del bordello...
Si vende, pare, persino a degli sbirri,
Che decandenza!
Non c'è più moralità pubblica
Nella nostra Francia!...

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LA MAUVAISE REPUTATION

Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation;
Qu' je m' démène ou qu' je reste coi,
Je pass' pour un je-ne-sais-quoi.
Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon ch'min de petit bonhomme;
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux.
Non, les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.

Le jour du quatorze-Juillet,
Je reste dans mon lit douillet;
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne
En n'écoutant pas le clairon qui sonne;
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Non, les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Tout le monde me montre au doigt
Sauf les manchots, ça va de soi.

Quand j'croise un voleur malchanceux
Poursuivi par un cul-terreux,
J'lanc' la patte et, pourquoi le taire,
Le cul-terreux se r'trouv' par terre.
Je ne fais pourtant de tort à personne.
En laissant courir les voleurs de pommes;
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Non, les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Tout le monde se ru' sur moi
Sauf les culs-d'-jatt', ça va de soi.

Pas besoin d'être Jérémie
Pour d'viner l'sort qui m'est promis :
S'ils trouv'nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant les ch'mins qui n'mèn'nt pas à Rome;
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Non, les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Tout l' mond' viendra me voir pendu
Sauf les aveugl's, bien entendu.

LA CATTIVA REPUTAZIONE
[RV]

Al paese, senza pretese,
Ho cattiva reputazione,
Che mi muova o che resti fermo
Passo per un non si sa che.
Però non faccio torto a nessuno
Per la mia strada d'ometto tranquillo.
Ma alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa,
No, alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa...
Tutti quanti mi parlan dietro,
A parte i muti, naturalmente.

Il quattordici di luglio
Me ne resto comodo a letto;
Le arie a passo militare
Non so cose che mi riguardano.
Però non faccio torto a nessuno
Se non ascolto suonar la tromba;
Ma alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa,
No, alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa...
Tutti quanti mi segnano a dito,
A parte i monchi, naturalmente.

Quando incoccio un ladro sfigato
Inseguito da un pezzo di merda,
Faccio sgambetto e, perché non dirlo?,
Il pezzo di merda vola per terra.
Però non faccio torto a nessuno,
Se faccio scappare un ladro di polli;
Ma alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa,
No, alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa...
Tutti quanti mi danno addosso,
A parte gli sciancati, naturalmente.

Non serve esser Geremia
Per indovinare quel che m'aspetta:
Se troveranno una corda che gli piace
Me la passeranno al collo.
Però non faccio torto a nessuno
Se non seguo le strade che portano a Roma;
Ma alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa,
No, alla brava gente non piace
Che si segua una strada diversa...
Tutti quanti verranno a vedermi impiccare,
A parte i ciechi, non sto a dirlo!

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LES SABOTS D'HELENE

Les sabots d'Hélène
Etaient tout crottés
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps la fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De les déchausser
Les sabots d'Hélèn' moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée.
Dans les sabots de la pauvre Hélène
Dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouve les pieds d'une reine
Et je les ai gardés.

Son jupon de laine
Etait tout mité
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps la fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De le retrousser
Le jupon d'Hélèn' moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée.
Sous les jupons de la pauvre Hélène
Sous son jupon mité
Moi j'ai trouve des jambes de reine
Et je les ai gardés.

Et le coeur d'Hélène
Savait pas chanter
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps la fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De m'y arrêter
Dans le coeur d'Hélèn' moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée.
Dans le coeur de la pauvre Hélène
Qu'avait jamais chanté
Moi j'ai trouve l'amour d'une reine
Et je l'ai gardé.

GLI ZOCCOLI DI HÉLÈNE
[RV]

Gli zoccoli di Hélène
Eran pieni di fango,
I tre capitani le avrebber dato di villana... [*]
E la povera Hélène
Era un'anima in pena...
Non cercar più tanto una fontana,
Tu che hai bisogno d'acqua;
Non cercarla più e va' a empire il secchio
Con le lacrime di Hélène.

Io mi son pigliato la briga
Di levarglieli,
Gli zoccoli, a Hélène,
Io che non son capitano;
E ho visto la mia fatica
Ben ricompensata...
Ché la povera Hélène, 
Nei suoi zoccoli pieni di fango,
Aveva i piedi d'una regina,
E me li son tenuti.

La sua sottana di lana
Era piena di tarme,
I tre capitani le avrebber dato di villana... 
E la povera Hélène
Era un'anima in pena...
Non cercar più tanto una fontana,
Tu che hai bisogno d'acqua;
Non cercarla più e va' a empire il secchio
Con le lacrime di Hélène.

Io mi son pigliato la briga
Di rimboccargliela,
La sottana, a Hélène,
Io che non son capitano;
E ho visto la mia fatica
Ben ricompensata...
Ché la povera Hélène, 
Nella sua sottana piena di tarme,
Aveva le gambe d'una regina,
E me le son tenute.

E il cuore di Hélène
Non sapeva più cantare,
I tre capitani le avrebber dato di villana... 
E la povera Hélène
Era un'anima in pena...
Non cercar più tanto una fontana,
Tu che hai bisogno d'acqua;
Non cercarla più e va' a empire il secchio
Con le lacrime di Hélène.

Io mi son pigliato la briga
Di fermarmi lì,
Nel cuore di Hélène,
Io che non son capitano;
E ho visto la mia fatica
Ben ricompensata...
Ché la povera Hélène, 
Nel suo cuore che non aveva mai cantato
Aveva l'amore d'una regina,
E me le son tenuto.


[*] Riferimento ad una nota canzone popolare francese. Si noti come
Georges Brassens abbia nominato spesso, nelle sue canzoni, dei
componimenti popolari, da "Il est cocu le chef de gare" alle "quattro
canzoni" de "La Route aux Quatre Chansons".

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PHILISTINS
D'après un poème de Jean Richepin

Philistins, épiciers
Tandis que vous caressiez,
Vos femmes

En songeant, aux petits
Que vos grossiers appétits
Engendrent

Vous pensiez : "Ils seront
Menton rasé, ventre rond
Notaires"

Mais pour bien vous punir
Un jour vous voyez venir
Sur terre

Des enfants non voulus
Qui deviennent chevelus
Poètes

FILISTEI
Da una poesia di Jean Richepin
[RV]

Filistei, pizzicagnoli,
Mentre carezzavate
Le vostre mogli

Sognando i piccoli
Generati dai vostri
Grossolani appetiti,

Pensavate: "Saranno,
Dei notai dal mento rasato
E dalla pancia rotonda"...

Ma, giusta punizione,
Un giorno vedrete
Venire al mondo

Dei bambini non voluti
Che diventan dei poeti
Capelluti.

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MELANIE

Les chansons de salle de garde
Ont toujours été de mon goût,
Et je suis bien malheureux, car de
Nos jours on n'en crée plus beaucoup.
Pour ajouter au patrimoine
Folklorique des carabins,
J'en ai fait une, putain de moine,
Plaise à Dieu qu'elle plaise aux copains.

Ancienne enfant d'Marie-salope
Mélanie, la bonne au curé,
Dedans ses trompes de Fallope,
S'introduit des cierges sacrés.
Des cierges de cire d'abeille
Plus onéreux, mais bien meilleurs,
Dame ! la qualité se paye
A Saint-Sulpice, comme ailleurs.

Quand son bon maître lui dit : « Est-ce
Trop vous demander Mélanie,
De n'user, par délicatesse,
Que de cierges non encor bénits ? »
Du tac au tac, elle réplique
Moi, je préfère qu'ils le soient,
Car je suis bonne catholique
Elle a raison, ça va de soi.

Elle vous emprunte un cierge à Pâques
Vous le rend à la Trinité.
Non, non, non, ne me dites pas que
C'est normal de tant le garder.
Aux obsèques d'un con célèbre,
Sur la bière, ayant aperçu,
Un merveilleux cierge funèbre,
Elle partit à cheval dessus.

Son mari, pris dans la tempête
La Paimpolaise était en train
De vouer, c'était pas si bête,
Un cierge au patron des marins.
Ce pieux flambeau qui vacille
Mélanie se l'est octroyé,
Alors le saint, cet imbécile,
Laissa le marin se noyer.

Les bons fidèles qui désirent
Garder pour eux, sur le chemin
Des processions, leur bout de cire
Doiv'nt le tenir à quatre mains,
Car quand elle s'en mêl', sainte vierge,
Elle cause un désastre, un malheur.
La Saint-Barthélemy des cierges,
C'est le jour de la Chandeleur.

Souvent quand elle les abandonne,
Les cierges sont périmés;
La saint' famill' nous le pardonne
Plus moyen de les rallumer.
Comme ell' remue, comme elle se cabre,
Comme elle fait des soubresauts,
En retournant au candélabre,
Ils sont souvent en p'tits morceaux.

Et comme elle n'est pas de glace,
Parfois quand elle les restitue
Et qu'on veut les remettre en place,
Il sont complètement fondus.
Et comme en outre elle n'est pas franche,
Il arrive neuf fois sur dix
Qu'sur un chandelier à sept branches
Elle n'en rapporte que six.

Mélanie à l'heure dernière
A peu de chances d'être élue ;
Aux culs bénits de cett' manière
Aucune espèce de salut.
Aussi, chrétiens, mes très chers frères,
C'est notre devoir, il est temps,
De nous emplayer à soustraire
Cette âme aux griffes de Satan.

Et je propose qu'on achète
Un cierge abondamment béni
Qu'on fera brûler en cachette
En cachette de Mélanie.
En cachett' car cette salope
Serait fichue d'se l'enfoncer
Dedans ses trompes de Fallope,
Et tout s'rait à recommencer.

MELANIA
[A]

Le canzoni da caserma
mi sono sempre piaciute un sacco,
e mi dispiace terribilmente che
di questi tempi non se ne faccian più molte.
Per allargare il repertorio
folcloristico degli studenti di medicina,
ne ho fatta una io, puttana vergine!
E garbi al Signore che garbi ai miei amici.

Figliola vecchia d’una bagascia,
Melania, la tuttofare del parroco,
nelle sue trombe di Falloppio,
ci si infilò dei ceri benedetti,
ceri di cera d’api,
più costosi, certo, ma molto migliori,
signore mie: la qualità si paga,
a San Giovanni Rotondo come dovunque.

Quando il suo buon padrone le disse: “E’ 
troppo chiedervi, Melania,
di usare, per gentilezza,
soltanto dei ceri non ancora benedetti?”
Lei subito gli rispose a tono:
“Ma io li preferisco benedetti,
sono una brava cattolica, io!”
E c’ha ragione, niente da dire...

Se le prestate un cero a Pasqua,
lei ve lo rende a Natale,
no, no, non ditemi che è normale
tenerselo tanto tempo.
Al funerale d’un noto stronzo,
scorto sulla bara,
un magnifico cero funebre,
ci si mise a cavallo e se ne andò.

Un giorno che il marito era stato sorpreso dalla tempesta,
una donna di Paimpol stava per offrire
in voto – e non era mica un’idea tanto stupida –
un cero al patrono dei marinai...
quella pia fiaccola tremolante,
Melania se l’è offerta da sola,
e allora il santo – quel coglione! –
ha lasciato annegare il marinaio.

I bravi fedeli che vogliono
tenersi il moccolo per tutto il percorso
delle processioni,
faranno bene a tenerlo a quattro mani,
perché quando lei s'intrufola, vergine santa,
fa un disastro, una strage:
la notte di San Bartolomeo dei ceri
è il giorno della Candelora!

E spesso, quando lei li molla,
i ceri sono fuori uso:
la sacra famiglia ce lo perdoni,
non c’è più verso di riaccenderli.
Da quanto si agita e si impenna,
da quanto sussulta,
quando ritornano sul candelabro
i ceri sono spesso a pezzettini.

E siccome mica è di ghiaccio,
a volte, quando li restituisce,
e si prova a rimetterli a posto,
i ceri sono completamente fusi.
E siccome mica è di parola,
nove volte su dieci succede
che su un candeliere a sette bracci
riporta solo sei candele.

Melania nell’ora estrema
ha poche probabilità di salvata,
per dei bigotti di questo tipo
non c’è alcun genere di salvezza.
Perciò, cristiani, fratelli carissimi
è nostro dovere, è questo il momento,
di darci da fare per sottrarre
quest’anima alle grinfie di Satana!

E io propongo di comprare
un cero benedettissimo
e di farlo bruciare di nascosto,
di nascosto a Melania.
Di nascosto, ché quella sudicia
sarebbe capace di ficcarselo
nelle trombe di Falloppio,
e sarebbe tutto da rifare!


*Sono le canzoni goliardiche, non solo dei militari, ma soprattutto
degli studenti... e ancora più in part. degli studenti di medicina,
negli ospedali c’erano le ‘salles de garde’, luoghi mitici della
goliardia.

**Saint-Sulpice è una piazza di Parigi, dove si teneva una specie di
mercato delle pulci di immagini sacre e oggetti religiosi, proverbiali
per il cattivo gusto (les ‘saint-sulpiceries’); non m’è venuto in mente
nulla di altrettanto proverbiale in it., come fiera delle
cianfrusaglie... ma mi sa che c’è...

***Paimpol è una piccola città della Côte d’Armor, sulla Manica; i suoi
marinai erano celebri per la pesca al merluzzo nel Nord Atlantico, a
Terranova - visto ‘L’amore che non muore”? (“La veuve de Saint-Pierre”),
a parte Daniel Auteil, non è granché… molti marinai di Paimpol morirono
nelle tempeste e nei naufragi di quella epopea.

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LA MAUVAISE HERBE

Quand l' jour de gloire est arrivé,
Comm' tous les autr's étaient crevés,
Moi seul connus le déshonneur
De n' pas êtr' mort au champ d'honneur.

Je suis d'la mauvaise herbe,
Braves gens, braves gens,
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbe...
La mort faucha les autres
Braves gens, braves gens,
Et me fit grâce à moi,
C'est immoral et c'est comm' ça !
La la la la la la la la la
La la la la la la la la la
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Que j' vive un peu...
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Que j' vive un peu...

La fille à tout l' monde a bon coeur,
Ell' me donne, au petit bonheur,
Les p'tits bouts d' sa peau, bien cachés,
Que les autres n'ont pas touchés.

Je suis d' la mauvaise herbe,
Braves gens, braves gens,
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbe...
Elle se vend aux autres,
Braves gens, braves gens,
Elle se donne à moi,
C'est immoral et c'est comme ça !
La la la la la la la la la
La la la la la la la la la
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Qu'on m'aime un peu...
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Qu'on m'aime un peu...

Les hommes sont faits, nous dit-on,
Pour vivre en band', comm' les moutons.
Moi, j' vis seul, et c'est pas demain
Que je suivrai leur droit chemin.

Je suis d' la mauvaise herbe,
Braves gens, braves gens,
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbe...
Je suis d' la mauvaise herbe,
Braves gens, braves gens,
Je pousse en liberté
Dans les jardins mal fréquentés !
La la la la la la la la la
La la la la la la la la la
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Que j' vive un peu...
Et je m' demand'
Pourquoi, Bon Dieu,
Ca vous dérange
Que j' vive un peu...

L'ERBA CATTIVA
[RV]

Quando il giorno di gloria è arrivato [*],
Quando tutti gli altri eran crepati
Soltanto io ho conosciuto il disonore
Di non esser morto sul campo di battaglia.

Io son l'erba cattiva,
Brava gente, brava  gente,
Non mi si rumina di certo,
Non mi si mette nel paniere...
La morte falciò gli altri,
Brava gente, brava gente,
E fece grazia a me:
E' immorale, ma è così.
La la la la la la la la,
La la la la la la la la,
E mi domando
Perché, Dio santo,
Vi dà tanta noia
Che io viva un po'...

Quella puttanella è generosa:
Mi offre, a ruota libera,
Gli angoletti nascosti della sua pelle
Dove gli altri non han messo mano.

Io son l'erba cattiva,
Brava gente, brava  gente,
Non mi si rumina di certo,
Non mi si mette nel paniere...
Agli altri lei si vende,
Brava gente, brava gente,
Ma a me lei si regala:
E' immorale, ma è così.
La la la la la la la la,
La la la la la la la la,
E mi domando
Perché, Dio santo,
Vi dà tanta noia
Che io viva un po'...

Gli uomini son fatti, ci vien detto,
Per vivere in gregge come pecore:
Io vivo da solo, e non è certo domani
Che seguirò la loro retta via.

Io son l'erba cattiva,
Brava gente, brava  gente,
Non mi si rumina di certo,
Non mi si mette nel paniere...
Io son l'erba cattiva,
Brava gente, brava gente,
Io cresco in libertà
Nei giardini mal frequentati.
La la la la la la la la,
La la la la la la la la,
E mi domando
Perché, Dio santo,
Vi dà tanta noia
Che io viva un po'...

_____________________________________________

[*] Ovvio il riferimento a un verso della "Marsigliese"

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L'ORAGE

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,
Le beau temps me dégoute et m' fait grincer les dents,
Le bel azur me met en rage,
Car le plus grand amour qui m' fut donné sur terr'
Je l' dois au mauvais temps, je l' dois à Jupiter,
Il me tomba d'un ciel d'orage.

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits,
Un vrai tonnerr' de Brest, avec des cris d' putois,
Allumait ses feux d'artifice.
Bondissant de sa couche en costume de nuit,
Ma voisine affolé' vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices.

« Je suis seule et j'ai peur, ouvrez-moi, par pitié,
Mon époux vient d' partir faire son dur métier,
Pauvre malheureux mercenaire,
Contraint d' coucher dehors quand il fait mauvais temps,
Pour la bonne raison qu'il est représentant
D'un' maison de paratonnerre. »

En bénissant le nom de Benjamin Franklin,
Je l'ai mise en lieu sûr entre mes bras calins,
Et puis l'amour a fait le reste !
Toi qui sèmes des paratonnerre' à foison,
Que n'en as-tu planté sur ta propre maison ?
Erreur on ne peut plus funeste.

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs,
La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
Et recouvré tout son courage,
Rentra dans ses foyers fair' sécher son mari
En m' donnant rendez-vous les jours d'intempéri',
Rendez-vous au prochain orage.

A partir de ce jour j' n'ai plus baissé les yeux,
J'ai consacré mon temps à contempler les cieux,
A regarder passer les nues,
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus,
A faire les yeux doux aux moindres cumulus,
Mais elle n'est pas revenue.

Son bonhomm' de mari avait tant fait d'affair's,
Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer,
Qu'il était dev'nu millionnaire
Et l'avait emmené' vers des cieux toujours bleus,
Des pays imbécile' où jamais il ne pleut,
Où l'on ne sait rien du tonnerre.

Dieu fass' que ma complainte aille, tambour battant,
Lui parler de la plui', lui parler du gros temps
Auxquels on a t'nu tête ensemble,
Lui conter qu'un certain coup de foudre assassin
Dans le mill' de mon coeur a laissé le dessin
D'un' petit' fleur qui lui ressemble.

IL TEMPORALE
[RV]

Parlatemi della pioggia, e non del bel tempo,
Il bel tempo mi fa schifo, mi fa digrignare i denti,
Il bel cielo azzurro mi fa incazzare;
Poiché il più grande amore che mi sia stato dato
Lo debbo al tempaccio, lo debbo al padre Giove
Che mi cadde addosso da un cielo in burrasca.

Una sera di novembre, cavalcando sui tetti,
Un vero fortunale [*], con grida terribili
Accendeva i suoi fuochi d'artificio;
Saltando dalla suo giaciglio in camicia da notte
La mia vicina, sconvolta, mi venne a bussare
Implorando che l'aiutassi.

"Sono sola e ho paura, mi apra, per pietà,
Ché mio marito è appena partito per fare il suo duro lavoro,
Povero mercenario disgraziato
Costretto a dormir fuori quando fa brutto tempo
Per la buona ragione che è rappresentante
D'una ditta di parafulmini!"

Benedicendo il nome di Beniamino Franklin,
L'ho messa al sicuro tra le mie tenere braccia,
E poi l'amore ha fatto il resto !
Tu, che spargi parafulmini a profusione,
Perché non ne hai messo uno sopra la tua casa?
Si può fare un errore più tremendo?

Quando Giove andò a farsi sentire altrove,
La bella, avendo infine superato ogni paura
E ritrovato il suo coraggio,
Tornò a casa ad asciugare il marito,
Dandomi appuntamento per i giorni d'intemperie,
Appuntamento al prossimo temporale.

Da quel giorno non ho più abbassato gli occhi,
Ho dedicato il mio tempo ad osservare i cieli,
A guardar passare le nuvole,
A spiare gli strati, a occhieggiare i nembi,
A fare gli occhi dolci al minimo cumulo,
Ma lei non è tornata.

Quel brav'uomo di suo marito aveva fatto tanti affari,
Ne aveve venduti tanti, quella sera, dei suoi pezzi di ferro
Che era diventato milionario;
E l'aveva portata verso cieli sempre azzurri,
Verso dei paesi idioti dove non piove mai,
Dove non si sa cos'è un tuono.

Dio faccia che il mio lamento, a tamburo battente,
Le vada a parlare della pioggia e del tempaccio
Ai quali abbiam tenuto testa assieme;
E a raccontarle che un colpo di fulmine assassino
Mi ha lasciato, in mezzo al cuore, il disegno
D'un piccolo fiore che le somiglia.
_______________________________________________

[*] Gioco di parole condotto su una comune (e blanda) imprecazione,
"Tonnerr[es] de Brest!", "Fulmini! Fulminacci!". Dalle parti di Brest,
in effetti, piove spesso e abbondantemente...


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P...... DE TOI

En ce temps-là, je vivais dans la lune
Les bonheurs d'ici-bas m'étaient tous défendus
Je semais des violettes et chantais pour des prunes
Et tendais la patte aux chats perdus.

Refrain
Ah ah ah ah putain de toi
Ah ah ah ah ah ah pauvre de moi...

Un soir de pluie v'là qu'on gratte à ma porte
Je m'empresse d'ouvrir, sans doute un nouveau chat!
Nom de dieu l' beau félin que l'orage m'apporte
C'était toi, c'était toi, c'était toi.

Les yeux fendus et couleur de pistache
T'as posé sur mon coeur ta patte de velours
Fort heureus'ment pour moi t'avais pas de moustache
Et ta vertu ne pesait pas trop lourd.

Au quatre coins de ma vie de bohème
Tu as prom'né, tu as prom'né le feu de tes vingt ans.
Et pour moi, pour mes chats, pour mes fleurs, mes poèmes
C'était toi la pluie et le beau temps...

Mais le temps passe et fauche à l'aveuglette.
Notre amour mûrissait à peine que déjà,
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes viollettes,
Et faisais des misères à mes chats.

Le comble enfin, misérable salope.
Comme il n' restait plus rien dans le garde-manger,
T'as couru sans vergogne, et pour une escalope,
Te jeter dans le lit du boucher.

C'était fini, t'avais passé les bornes.
Et, r'nonçant aux amours frivoles d'ici-bas,
J' suis r'monté dans la lune en emportant mes cornes,
Mes chansons, et mes fleurs, et mes chats.

VAFFANCULO!
[RV]

A quel tempo là stavo sulla luna,
Le gioie di quaggiù m'eran proibite;
Seminavo violette e cantavo per la gloria
E tendevo la zampa ai gatti smarriti.

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Una sera piovosa, mi si gratta alla porta,
Vo a aprire in fretta: di certo un altro gatto!
Sant'Iddio, il bel felino portatomi dal temporale
Eri tu, eri tu, eri tu.

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Con gli occhi taglienti e color pistacchio
Hai posato sul mio cuore la tua zampa vellutata;
Menomale per me che non avevi i baffi
E la tua virtù non era certo un gran ché...

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Ai quattro angoli della mia vita da bohémien
Hai portato a spasso il fuoco dei tuoi vent'anni;
E per me, per i gatti, per i fiori e le poesie
Eri tu la pioggia e il bel tempo. [*]

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Ma il tempo passa e falcia alla cieca.
Il nostro amore appena maturava, che già
Mi bruciavi le canzoni, mi sputavi sulle violette
E facevi i dispetti ai miei gatti...

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Il colmo, infine! Brutto sudiciume,
Siccome non c'era più nulla nella dispensa,
Per una scaloppina sei corsa senza vergogna
A buttarti nel letto del macellaio!

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!

Era finita, avevi passato i limiti!
E, rinunciando ai frivoli amori di quaggiù
Son tornato sulla luna portandomi dietro le corna,
Le canzoni, i miei fiori e i miei gatti!

Ah, vaffanculo!
Ah, povero me!
___________________________________________

[*] Riferimento, ovviamente ironico (dato che la canzone prende in giro
tutta la "vita da bohème) alla raccolta di poesie "La pluie et le beau
temps" ("La pioggia e il bel tempo") di Jacques Prévert; il poeta è
d'altronde citato direttamente in "Le 22 Septembre" ("Que le brave
Prévert et ses escargots veuillent / bien se passer de moi pour enterrer
les feuilles").

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LE MOUTON DE PANURGE

Elle n'a pas encor de plumes
La flèch' qui doit percer son flanc
Et dans son cœur rien ne s'allume
Quand elle cède à ses galants
Elle se rit bien des gondoles
Des fleurs bleues, des galants discours
Des Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour

N'allez pas croire davantage
Que le démon brûle son corps
Il s'arrête au premier étage
Son septième ciel, et encor
Elle n'est jamais langoureuse
Passée par le pont des soupirs
Et voit comm' des bêtes curieuses
Cell's qui font l'amour par plaisir

Croyez pas qu'elle soit à vendre
Quand on l'a mise sur le dos
On n'est pas tenu de se fendre
D'un somptueux petit cadeau
Avant d'aller en bacchanale
Ell' présente pas un devis
Ell' n'a rien de ces bell's vénales
Cell's qui font l'amour par profit

Mais alors, pourquoi cède-t-elle
Sans cour, sans lucre, sans plaisir
Si l'amour vaut pas la chandelle
Pourquoi le joue-t-elle à loisir
Si quiconque peut, sans ambages
L'aider à dégrafer sa rob'
C'est parc' qu'ell' veut être à la page
Que c'est la mode et qu'elle est snob

Mais changent coutumes et filles
Un jour, peut-être, en son sein nu
Va se planter pour tout' la vie
Une petite flèch' perdue
On n'verra plus qu'elle en gondole
Elle ira jouer, à son tour
Les Vénus de la vieille école
Cell's qui font l'amour par amour

LA CONFORMISTA
[A]

Non vola ancora la freccia
che le trafiggerà il fianco
e nel suo cuore nulla s'infiamma
quando cede ai suoi amanti;
delle gondole lei si fa burla
e dei fiori romantici, dei dolci discorsi,
delle belle all'antica,
quelle che fanno l'amore per amore.

E crederete poi mica che 
il diavolo le metta il fuoco in corpo,
si ferma al primo piano
il suo settimo cielo, quando ci arriva!
Lei non è mai passata, languida,
dal ponte dei sospiri,
e le guarda come bestie rare
quelle che fanno l'amore per piacere.

E non crediate sia in vendita,
quando la s'è sdraiata,
non si è obbligati a svenarsi
per farle un regalino sontuoso:
prima di fare baldoria,
mica ti fa il preventivo!
Lei non ha proprio nulla delle belle venali,
quelle che fanno l'amore per profitto.

Ma allora perché cede,
senza amore senza lucro senza piacere?
Se l'amore non vale la candela
perché ci gioca a suo gusto?
Se chiunque può, senza rigiri,
aiutarla a slacciarsi il vestito
è solo perché lei ci tiene a essere alla moda,
e questo è alla moda e lei è snob!

Cambian, però, costumi e donne,
e un giorno, forse, nel suo seno nudo
si pianterà per sempre
una piccola freccia perduta...
Non si vedrà che lei, in gondola,
e sarà lei, a suo turno, a far la parte
delle belle all'antica
quelle che fanno l'amore per amore.

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LA TONDUE

La belle qui couchait avec le roi de Prusse
Avec le roi de Prusse
A qui l'on a tondu le crâne rasibus
Le crâne rasibus

Son penchant prononcé pour les " ich liebe dich ",
Pour les " ich liebe dich "
Lui valut de porter quelques cheveux postich's
Quelques cheveux postich's

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens
Et les bonnets phrygiens
Ont livre sa crinière à un tondeur de chiens
A un tondeur de chiens

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison
Parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon
Pour sauver son chignon

Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur
Du fond de ma torpeur
Les coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur
En quatre m'ont fait peur

Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondue
Elle eut été tondue
J'ai dit : " C'est malheureux, ces accroch'-coeur perdus
Ces accroch'-coeur perdus "

Et, ramassant l'un d'eux qui traînait dans l'ornière
Qui traînait dans l'ornière
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière
Mis à ma boutonnière

En me voyant partir arborant mon toupet
Arborant mon toupet
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect
M'ont pris pour un suspect

Comme de la patrie je ne mérite guère
Je ne mérite guère
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre
J'ai pas la croix de guerre

Et je n'en souffre pas avec trop de rigueur
Avec trop de rigueur
J'ai ma rosette à moi: c'est un accroche-coeur
C'est un accroche-coeur

LA RAPATA A ZERO
[RV]

/ prossimo inserimento /

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